Parfois, on se laisse porter par les événements et on ne les contrôle plus. On se trouve embarqué sans pouvoir faire escale.

En discutant il y a quelques jours avec une amie, il m’est revenue une histoire lointaine.

Je l’avais rencontrée un soir au cours d’un cocktail de presse. Elle était sympa, souriante, assez spontanée, la voix un peu aigriarde. Elle ne s’embarrassait surtout pas de sous-entendus et c’est tout naturellement qu’elle me proposa de passer prendre un verre chez elle après ce cocktail.

La jeune femme travaillait dans une organisation européenne à Paris.

Son appartement était petit ; sa table était petite , son lit était étroit, tout son univers était petit. Et comme je suis un peu claustrophobe, cela n’arrangeait rien dans le fait de me trouver bien. Mais après tout, elle était sympa et je passais un bon moment.

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 Nous avons bu, beaucoup bu ; alors que nous avions déjà pas mal ingurgité pendant le cocktail. L’ennui, c’est que nous avions surtout grignoté et pas vraiment mangé du consistant. L’alcool me tournait un peu la tête.

Elle est devenue plus entreprenante et, si elle ne m’attirait pas vraiment, je dois reconnaître que je n’ai pas résisté.

Nous avons donc fait l’amour, d’une manière acharné. Car elle était assez sauvage et vorace. J’ai bien aimé.

Je m’apprêtais à lui dire au revoir et à rentrer chez moi. Mais, elle ne le voyait pas du tout comme çà. Elle m’a littéralement mis le grappin dessus et JE devais rester. « C’est comme çà ! » me dit-elle.

« Bon, c’est d’accord. » lui dis-je.

On s’allonge dans son lit et on commence à dormir ; du moins, on essaie, surtout moi. A force de trop boire, j’ai le cerveau excité et j’ai du mal à trouver le sommeil.

J’espère m’endormir rapidement pour m’échapper de ce traquenard (prison dorée, je le reconnais mais sans porte de sortie).

Je suis réveillé au milieu de la nuit par ses mains et vous devinez la suite. Elle me donna l’impression de vouloir « amortir » sa soirée et d’en profiter.

Nous remîmes cela ; plus brièvement. Cette fois je devais être épuisé car je trouvai facilement le sommeil.

6h du matin : c’est elle qui me réveille. On terce la chose.

Je m’en sors en prétextant l’heure et un document que je dois passer reprendre chez moi.

Je file sous la douche pour me laver. Tout mon corps mais aussi mon esprit. Jamais la sensation de l’eau qui coule sur mon corps n’aura été aussi agréable. J’avais véritablement la sensation d’effacer à cet instant toute image de la soirée et de m’en évader.

Heureusement que nous étions en semaine. Imaginons que cela se soit passé un vendredi soir. J’étais bon pour la garde à vue prolongée de 72 heures.

J'écoute "je m'appelle Joseph"