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La piste était ronde et mesurait exactement 5 mètres de diamètre. Ce n’était pas mon œil qui avait évalué. La meneuse de revue l’avait annoncé au début du spectacle.

- C’est la règle, a-t-elle dit. Qu’il soit petit ou grand, la piste d’un cirque a toujours la même taille.

L’éclairage était tamisé pour ne pas dire clair-obscur ; la lumière passait du verdâtre au rouge écrevisse. Il faisait à peine chaud. Heureusement que j’avais conservé mon manteau sur moi. Il y avait aussi cette musique indienne lancinante qui m’a achevé d’être emportée par elle.

Elle était apparue au début du spectacle. Ses longs cheveux noirs ressortaient sur sa peau dorée. Son buste était recouvert d’un maillot à paillettes dorées. Et son regard qui faisait le tour de l’arène transperçait l’auditoire. Elle entama une danse du ventre. Puis avec un de ses pieds, elle prit un cerceau qu’elle amena autour de la taille. Un deuxième encercla ses jambes. Puis deux autres encore qui lui donnèrent un côté féérique et magique.

Pour faire tourner les cerceaux, ses hanches allaient et venaient, ses jambes se pliaient et se tordaient et bientôt, ses bras levés au ciel finirent par me capturer.

Cet après-midi, à un rythme régulier, son regard me fixait l’espace d’un instant.

Elle m’avait repéré ; je ne savais pas ce qu’elle pouvait penser en me regardant la fixer sans un mouvement. J’étais assis au premier rang, tétanisé.

J’attendais je ne sais quoi. Qu’elle me fasse un signe, que je lui envoie un message. Je n’arrivais pas à faire le moindre geste.

Depuis 3 semaines, je venais à toutes les séances de la semaine. C’est devenu une drogue et je ne sais pas comment tout cela va finir.