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J’avais connu son blog tout simplement en consultant les nouveautés de Canalblog. J’avais tout de suite accroché. Et comme à l’accoutumé, lorsqu’un texte me plait, j’y laisse un commentaire, à chaud. Hier soir, coïncidence je regarde une émission sur le cinéaste Luis Buñuel. Sur les lieux de tournage, il laissait 3 secondes aux acteurs pour donner leur avis. Après, c’était trop tard. Il agissait en ce sens pour que ce soit la sensibilité qui parle et non la raison.

Parfois, je regrette ce que j’ai commenté mais jamais pour son contenu, car je préfère commenter ainsi, selon mon humeur. Je regrette parfois la forme, une tournure de style, un mot employé.

Elle avait été voir mon blog ; elle avait aussi accroché puisqu’elle avait lu mon blog par petits morceaux, par petites bouchées.

Elle me répond : « Bonjour, j’ai également été lire ton blog. J’adore, et je m’y retrouve. »

Plusieurs mails s’ensuivent car les commentaires sont trop étroits pour les sujets que nous avons à échanger.

La fréquence augmente également ; nous en sommes très vite à plusieurs mails par jour.

Les sujets abordés débordent le simple blog. Nous nous trouvons des points communs.

Des intuitions se dégagent.

Le hasard fera même qu’un jour, nous publierons un billet sur le même thème.

Nous nous suivons par écrit dans le quotidien : temps, lieu.

Je ne dispose visuellement que d’une photo d’elle. Il s’agit d’un autoportrait pris de loin dans un endroit qui est une chambre. Cette photo me fait penser au verso de la pochette d’un album de Leonard Cohen qui s’appelle « Songs from a room ». On y voit une fille, vêtue d’un drap enroulant son buste ; elle est, je crois, en train de taper sur une machine à écrire. La composition est différente mais l’atmosphère qui s’en dégage est la même à mes yeux.

De cette image, nait une sensation intime, poétique, calme et faite de textes forts, poétiques doux et chaleureux.

Peu à peu les échanges semblent plus faciles. Chacun s’ouvre avec envie et plaisir.

J’ai la sensation d’avoir du temps, de ne pas compter, de ne pas être dans l’urgence. L’envie de vouloir goûter à tous ces moments tranquillement, avec d’infinis détails et de passer à autre chose uniquement lorsque l’envie ou l’occasion s’en feront sentir.

Le plaisir est double dans l’instant et aussi dans celui de savoir qu’on dispose de temps et qu’il n’y a pas d’enjeu.

Ce n’est pas de la séduction mais une complicité, une harmonie franche, gaie et saine.

Je goûte au temps qui devient beau. Dès lors, tout est plus facile. L’air chaud qui m'environne, me décontracte. La clarté emplit mes yeux et positive.

Ce n’est jamais évident de bien connaître quelqu’un à travers son écriture. On brosse le personnage à son image. Et on se l’imagine certainement un peu comme on voudrait qu’il soit. La vraie personne doit être un mixte des deux.

Cependant, avec elle, je pense que c’est une belle façon de l’appréhender, d’éviter les faux semblants en se donnant inconsciemment le beau rôle et ainsi de ne pas se mettre des barrières ou des pudeurs ; ce qui est la tendance naturelle lorsqu’on parle avec quelqu’un. Ici, l’écriture donne un parler vrai qui me ravit.

Notre relation a désormais également empli nos rêves ; des impressions, des sensations, des allégories. C’est difficile de tout interpréter.

J’aime cette musique qui laisse la place à l’imaginaire. Je voudrais que cela demeure ainsi, même si un jour j’ai l’occasion de lui parler ou de la rencontrer.

J’aimé écrire, elle aussi. C’est une des formes d’expression communes.

A cet instant, j’ai une impression d’infini et de liberté.