Prenant très souvent une ligne de train qui dessert les aéroports parisiens, j’ai le temps de me livrer, lorsque je ne lis pas, à l’observation favorite du passager désœuvré : mater les autres personnes qui se trouvent dans le même wagon que soi.

Je regarde particulièrement ceux qui ont des bagages. J’ai fait le constat systématique que les gens qui partent n’ont pas la même attitude, n’ont pas la même façon de s’habiller, de se mouvoir, de parler. Je pense particulièrement à toutes ces femmes qui sont en route et  qui vont s’envoler dans quelques heures.

Elles portent déjà en elles cette légèreté dans le regard, cette désinvolture dans la façon de séduire : beaucoup de couleurs dans les tissus, des chemisiers ouverts négligemment, des jupe courtes et attirantes. Un regard qui reflète l’envie, la conquête et la sensualité, le goût de mordre dans la vie.

Je les regarde et j’ai très souvent de partir avec elles lorsque j’accroche un regard. J'ai envie de les aborder, leur demander vers quels endroits elles partent, que vont-elles y faire. Mais j’ai peur de passer pour un affreux dragueur.

Ah, Cette magie de quelque chose d’à peine naissant, de bref et éphémère, qui vous fait imaginer des histoires !

T’es belle quand tu pars !