Fais-moi mal !
Cela fera pile deux mois que je vais la voir pratiquement chaque semaine.
- " Fais-moi mal " lui dis-je.
Pendant ce temps-là, à travers ma mâchoire engourdie, la douceur de ses seins pressés contre ma joue me procure un bien-être intense.
Il s'agit d'une relation tarifée …
.. remboursée par la sécu.
Je voulais parler de ma dentiste.
Ca colle.
Elle est assise à la même terrasse que moi. Elle a un sac immense duquel elle sort un livre et une trousse.
De cette trousse, j’aperçois des stylos de différentes couleurs, un stabilo rose, une gomme et un bâton de colle.
Elle ouvre son livre, commence à lire. Puis elle retourne son livre sur la table. Elle ouvre à nouveau sa trousse ; elle en ressort le bâtonnet de colle. Elle le dévisse et le porte à sa bouche.
Nous somme le matin, il est à peine 9 heures. Elle est sans doute à peine réveillée mais ce n’est pas une raison pour se coller la bouche. Elle s’y met avec application. Puis revisse le bâtonnet et le range dans son sac.
Je suis interloqué ; elle passe sa langue sur ses lèvres avec délectation.
Après tout, quel endroit plus pratique pour ranger son bâtonnet à lèvres sans avoir à le chercher des heures !
C’est ce que j’en conclus a priori.
Mais a posteriori, une idée me vient en tête. Après tout, lorsque j’étais petit, j’aimais bien manger de la colle blanche. Elle est peut-être encore accro !
Avec ma sympathie éternelle.
Cercles
La piste était ronde et mesurait exactement 5 mètres de diamètre. Ce n’était pas mon œil qui avait évalué. La meneuse de revue l’avait annoncé au début du spectacle.
- C’est la règle, a-t-elle dit. Qu’il soit petit ou grand, la piste d’un cirque a toujours la même taille.
L’éclairage était tamisé pour ne pas dire clair-obscur ; la lumière passait du verdâtre au rouge écrevisse. Il faisait à peine chaud. Heureusement que j’avais conservé mon manteau sur moi. Il y avait aussi cette musique indienne lancinante qui m’a achevé d’être emportée par elle.
Elle était apparue au début du spectacle. Ses longs cheveux noirs ressortaient sur sa peau dorée. Son buste était recouvert d’un maillot à paillettes dorées. Et son regard qui faisait le tour de l’arène transperçait l’auditoire. Elle entama une danse du ventre. Puis avec un de ses pieds, elle prit un cerceau qu’elle amena autour de la taille. Un deuxième encercla ses jambes. Puis deux autres encore qui lui donnèrent un côté féérique et magique.
Pour faire tourner les cerceaux, ses hanches allaient et venaient, ses jambes se pliaient et se tordaient et bientôt, ses bras levés au ciel finirent par me capturer.
Cet après-midi, à un rythme régulier, son regard me fixait l’espace d’un instant.
Elle m’avait repéré ; je ne savais pas ce qu’elle pouvait penser en me regardant la fixer sans un mouvement. J’étais assis au premier rang, tétanisé.
J’attendais je ne sais quoi. Qu’elle me fasse un signe, que je lui envoie un message. Je n’arrivais pas à faire le moindre geste.
Depuis 3 semaines, je venais à toutes les séances de la semaine. C’est devenu une drogue et je ne sais pas comment tout cela va finir.
Toutes
©Harrygondas
J'ai connu beaucoup de filles. Et pourtant, je peux affirmer que je les ai toutes vraiment aimées.
Une fleur
- Si j'étais une fleur, ce serait une rose
- Parce que c'est la plus belle des fleurs ?
- Mais non! C'est parce qu'en un jour, elle a tout vécu !
Femelle blanche.
Vous ne l'avez pas encore deviné ?
J'étais venu acheter une prise électrique femelle
Memento
C'était au mois d'août. Le temps était orageux, le thermomètre marquait 27 degrés. Je venais de poster une lettre. Je descendais dans le métro. J'arrivais sur le quai.
- "Prochain train dans 6 minutes"
En août et en journée, il faut savoir attendre.
Je m'assois donc sur un siège plastique à peine propre. Deux sièges plus loin, une fille aux cheveux mi-longs est en train de se rafraîchir. Elle a la traditionnelle bouteille d'Evian : 50 cl pour la journée. Ce n'est pas trop lourd et ça permet de tenir la demi-journée.
Je jette un regard à la dérobée car je suis étonné qu'elle porte un bonnet épais en laine de couleur blanche avec des rayures grises. En regardant (discrètement), je m'aperçois qu'elle porte aussi un pull en laine avec les mêmes motifs que son bonnet, épais également. Je réalise qu'elle a mis sur son pull un anorak léger bleu clair.
Apparemment, je me suis fait remarquer; elle s'est rendu compte de mon manège.
Elle m'interpelle et me lance :
- C'est moi que tu regardes ou c'est ma bouteille que tu veux ?
- C'est un tout, lui répondis-je. Je ne comprends pas que vous vous soyez habillée si chaudement alors qu'il doit faire au moins 30 degrés sur ce quai. A ce train-là, vous allez vider votre bouteille en 5 minutes.
- Vous vous trompez, me dit-elle. Cela me fera bien la journée. Et encore, il m'en restera peut-être pour cette nuit ou demain matin !
Elle m'énonçait cela de façon posée, avec un discours très construit. Puisque que nous conversions, j'avais pu regarder son visage. Elle avait de jolis yeux et sa bouche dégageait une très grande sensibilité; surtout lorsqu'elle bougeait ses lèvres en parlant.
- Vous êtes un peu comme le chameau du désert, lui rétorquai-je.
- Vous ne savez rien de moi et vous vous trompez totalement. Tenez, prenez ma bouteille et buvez-en !
Je pris la bouteille d'Evian qu'elle me tendait.
- Je suis désolé mais je n'ai pas soif, lui répondis-je poliment
- Ne buvez pas, me dit-elle. Ouvrez-la simplement. Allez-y !
Surpris et curieux à la fois, j'ôtais le bouchon.
- Voilà, j'ai ouvert le bouchon. Vous voulez boire à présent ?, lui dis-je.
- Mais non, je ne veux pas boire. J'ai assez bu. J'ai trop mal au ventre. Sentez la bouteille !
De plus en plus intrigué, je mis mon nez sur la bouteille. Je perçus une odeur forte et piquante que je ne pouvais pas définir, sauf que je réalisais que ce n'était pas de l'eau.
- Hé oui, poursuit-elle. C'est de la vodka. Il est parti lundi, en emmenant toutes ses affaires. Lorsque je suis rentrée de week-end; il ne restait plus rien. Et cette bouteille est la seule chose qu'il m'a laissée de lui. Je bois pour ne pas l'oublier !
Ailleurs
Quelle étrange sensation que de voyager pendant 24 heures d’affilée, de se retrouver aux antipodes, perdu au milieu du Pacifique.
De demeurer dans le même avion qui fait escale à Los Angeles, que tu reprends 2 heures après. La même voisine assise à tes côtés qui se rend au même endroit et que tu auras côtoyé 24 heures, siège contre siège.
Cet atterrissage au milieu de l’océan. Cette chaleur humide, ce ciel, cette couleur de l’eau.
Ce taxi que tu prends un court instant pour attraper le bateau qui va t’emmener à ta destination finale.
Ces retrouvailles et cette ambiance qui te plonge dans un rêve pour un temps très long.
Ces mois passés là-bas où tu verras les choses autrement et qui feront que, plus jamais, cela ne sera comme avant.
Les gens, le ciel, l’horizon me manquent. La vie rêvée … ?
Visible.
Elle se baignait dans la piscine du Caire, sans rien vraiment voir quoi que ce soit autour d’elle. Sans ses lunettes, elle ne reconnaissait pas les gens. Je l’avais côtoyée et pas franchement remarquée avec ses montures écaille aux verres épais. Mais là, nageant autour d'elle, je fus ébloui par ses yeux et je réalisais soudain combien elle était belle et quelle sensibilité elle dégageait . Lorsqu’elle se mit debout, je m’aperçus qu’elle avait également un très joli corps. Une brune aux yeux marron avec une silhouette longiligne.
Elle me sourit ; je lui rendis son sourire.
Nous étions plusieurs garçons et filles cette année-là et nous avions fait connaissance. Elle était avec sa copine.
Je me souviens des promenades à vélo et des énormes glaces à dévorer à deux puisque « Tête à tête » était le nom de la coupe.
Nous nous revîmes chez elle en octobre un soir de fin de semaine. Sale temps avec de la pluie, mais chaude ambiance.
Nous quittâmes cette hôte douce et souriante. En bas de son immeuble, je m’aperçus (because la pluie tombant à grosses gouttes) que j’avais laissé mon parapluie chez elle. Je décidais de remonter de suite.
Arrivé en haut, je sonne à sa porte, elle entrouvre. Je lui explique la raison de ma venue … Elle s’était déjà mise à l’aise et, si elle portait encore son tee-shirt, elle avait quitté sa jupe et n’avait conservé que son collant de laine noir.
Je n’attendis pas sur le pas de la porte et entrai. Je décidai de rester un peu. Ce « un peu » se prolongea ; nous bûmes un thé qui nous réchauffa. Puis le cœur parla et ce premier regard flashant dans cette piscine ressortit et nous sûmes que c’était le moment. Je la serrai dans mes bras et nous dormîmes ainsi. Je me rappelle de la fenêtre aux vitres embuées le lendemain matin.
Ce fut un beau moment. Les premiers instants, ceux où c’est facile, ceux où c’est évident laissent une fraîcheur qui fait penser aux joies simples de l’enfance.
Tête (de) turque
J’étais arrivé à Istanbul depuis une semaine ; il faisait chaud. Terriblement chaud que la vie s’animait vers 18h, lorsque le ciel commence à rougir et quand l’humidité fait disparaître la poussière.
Je suis dans un bus et je reviens d’une ville environnante dont j’ai oublié le nom ; je me souviens de ce bord de mer orné de pierre blanche et d’arbres fleuris. Et au-delà de la route, des enfants qui jouent sur les balançoires.
Nous avions traîné dans la ville ; nous nous étions attardés aux terrasses en buvant le thé et en regardant les passants.
Nous avons dû nous dépêcher pour ne pas manquer le dernier bus qui nous ramenait à Istanbul. Nous n’étions pas les seuls. Une femme lourdement chargée tenait ses enfants par la main, suivie de son mari, les bras ballant et fumant. D’autres avaient de gros sacs dans chaque bras.
Faute de mieux, je me suis retrouvé à l’arrière du bus sur un quasi-strapontin de skaï collant et glissant. Le bus se mit en route sur un parcours cahotant qui avait pour inconvénient de nous empêcher de sommeiller. Deux filles françaises étaient assises à côté de nous : une maigre aux longs cheveux bruns et l’autre, sportive aux cheveux blonds frisés.
Tandis que je regardais le paysage (enfin j’essayais, car j’étais au milieu du bus), je sentis une tête basculer sur mon épaule. Mon regard obliqua et je vis que la blonde avait dû s’endormir. Mais il n’en était rien, c’était volontaire. Elle mit bientôt sa main sur mes cuisses. Je la laissai faire ; je ne me fis pas violence ; c’était agréable. Elle était sympa et mignonne, même si je n’étais pas plus attirée que ça.
Arrivé à Istanbul, je leur proposais de dîner ensemble tous les quatre. Je n’eus pas besoin d’insister. Un restaurant choisi très vite. Enfin, pas le premier venu mais le deuxième venu : en effet, en entrant dans le premier, le serveur, au lieu de débarrasser les assiettes, donnait un grand coup de torchon sur les assiettes sales et remettait ces mêmes assiettes.
Je la revis le lendemain à l’heure de la sieste. Je me souviens de cette grande salle de bain commune dans son hôtel (au moins 30 m2). Nous y avions trouvé refuge tous les deux et l’eau fraîche qui coulait sur nos corps avait cette saveur suave du désir.
Audition publique
Une lectrice m’avait invité à son récital de fin d’année. Invitation que j’aurais honorée avec plaisir si je n’avais pas été hors de Paris ce soir-là.
En plus, et pour me piquer au jeu, elle m’avait laissé sur ma faim, puisque je ne l’ai jamais vue et que je ne savais pas de quel instrument elle jouerait. Le jeu serait de deviner sur place lors du concert laquelle était-ce.
Quelques jours plus tard, je reçois un mail de sa part avec une pièce jointe :
- Bonjour Harry. Comme tu n'as pas pu assister à l'audition, en voici un petit aperçu en pièce-jointe, si ça te dit d'écouter. Je suis à la guitare électrique.
Nous sommes le matin. J'ai chargé mes mails sur mon mobile et j'ai vu que la pièce jointe faisait 13 Mo.
- Pfft... , me dis-je. J'attendrai d'être arrivé à mon travail pour télécharger la pièce jointe et écouter ce morceau de bravoure.
Et, comme à l'habitude, je range mon téléphone dans mon cartable. Je suis assis dans le wagon en train de lire "le lièvre de Vatanen", roman poétique et frais qui m'accapare et me fait oublier tout ce qui est autour de moi.
C'est alors que 5 minutes plus tard, j'entends une musique style balade celte ou moyenâgeuse. Jolie musique alternant violons et guitares. C'est un son agréable pour le matin et j'apprécie. La mélodie défile dans mes oreilles une minute environ.
Les voisins me regardent et sourient.
- Ils sont sympas les gens ce matin, pensé-je !!
C'est alors que je réalise que le son provient de l'intérieur de mon cartable et donc de mon téléphone et donc ...
... que le morceau en pièce jointe du mail s'est téléchargé tout seul.
J’ai souri en me disant :
- C'est ainsi, qu'en plus de l'audience publique et du concert privé pour moi, j’ai fait bénéficier presque tout un wagon de ses talents de guitariste.
Comme toi.
Samedi 15 heures, le soleil brille haut dans le ciel.
Elle est assise à une terrasse de café ; elle porte une robe à fleurs et un serre-tête dans les cheveux.
Il est assis à ses côtés, jean bleu et chemise blanche, largement ouverte.
Sur la table, un Perrier menthe et une bière.
Elle est affairée à regarder un journal ; elle tourne les pages. Elle semble concentrée et soucieuse.
Elle pointe du doigt des passages de ce journal en lui jetant des regards.
Il la regarde indifférent et ailleurs, tout en buvant sa bière.
- Pour ce soir, j’ai repéré plusieurs films intéressants à voir au ciné. Il y en a 3 ou 4 qui me plaisent bien, dit-elle.
- Ah ! répond-il
- Il en y en a un qui t’intéresse ? renchérit-elle
- Comme toi ! répond-il
- Merci pour ton avis, conclut-elle.
Association
Si je vous dis Auvers sur Oise, vous pensez à Van Gogh (pour les ignares, c’est le lieu où le peintre a vécu ses derniers mois, peint ses plus belles toiles et accessoirement, c’est là qu’il repose).
Pas pour moi ! Auvers sur Oise me rappelle cette jeune femme à la robe légère comme son caractère, aux couleurs éclatantes comme son sourire. Et à ses yeux qui en disaient assez pour avoir très peu besoin d’en rajouter par des paroles.
Je suis passé, il y a quelques semaines, près d’Auvers sur Oise et, invariablement, ma pensée a été vers elle.
Elle était infirmière dans cette ville ; je l’avais rencontrée à Paris. Elle était venue chez moi un après-midi ensoleillé de printemps. De ces époques où le soleil commence à poindre et où la chaleur nous nous donne envie d’oublier l’hiver.
- Oui, tu as raison, lui dis-je. C’est plus pratique que de se retrouver dans un endroit extérieur. Et comme çà, tu arriveras quand tu pourras, sans avoir à regarder ta montre et devoir te presser.
Et elle est arrivée au beau milieu de l’après-midi.
Tout se passait très bien. Je me souviens de tout, des jus de fruit que nous avons bus, des mains que nous avons touchées, des baisers échangés.
Et ce temps qui est passé si vite. Parce qu’elle avait un cours de danse à la fin de la journée, et parce que ça tombe toujours mal d’avoir autre chose à faire au moment où on ne le voudrait pas.
Je me souviens du moment où elle m’a quittée. Un pas en avant, deux pas en arrière. L’hésitation ne se traduit pas que dans les mots.
Et son appel téléphonique, cinq minutes après qu’elle eut fermé la porte.
- Je voulais te dire que j’avais passé un bon moment, trop court.
Et moi qui n’a rien fait, qui n’a pas saisi la balle au bond. Moi qui ne lui ait pas dit : « Reste où tu es, je viens te chercher tout de suite ».
J’étais en pleine rupture et je n’ai pas su saisir ma chance.
Après, il n’y eut plus rien. Elle pensa que je ne l’aimais pas plus que çà.
Comme quoi (et j’en suis persuadé), en matière d’amour, il n’y a jamais de deuxième chance.
Normale.
J’ai un peu la manie de classer les événements qui me sont arrivés, de leur trouver des points communs pour en tirer des déductions et après utiliser ces enseignements pour ma vie future. Je sais que l’on peut trouver des points communs à toute chose : elles ont la même couleur, elles ont la même origine, elles utilisent toujours le même mécanisme.
J’essaie aussi de m’appliquer de temps en temps ce raisonnement à mes propres actes mais ce n’est pas le sujet qui m’anime ici.
J’en viens au fait. Peu de lectrices ont choisi de me rencontrer ; elles se comptent sur les doigts d’une main et les deux premiers doigts suffisent. Je n’ai rien fait pour ; j’ai décidé de rester dans le registre «écrivain-lecteur» où chacun ressent l’autre à travers ses écrits (textes, correspondances). Et un texte dit beaucoup de choses même s’il est anodin. Je ne parle pas des poèmes …
Elles (enfin les deux) se sont succédées à plusieurs années d’intervalle mais elles ont un point commun. Elles étaient «normales » ou plutôt elles préparaient toutes les deux le concours d’entrée à Normale Sup. J’avoue que j’ai été flatté que de telles personnes s’intéressent à ma prose ; elles qui doivent se tartiner des dizaines de livres, de littérature classique en plus. Je pensais qu’elles avaient apprécié le contenu de mes histoires mais elles ont toutes beaucoup dissertées sur mon style. Et leur curiosité les a amenées tout naturellement à proposer de voir qui j’étais.
Cela s’est fait sans le préméditer, un jour ce fut le moment. Près d’une gare pour l’une, près de 2 théâtres pour l’autre. Et la chose la plus cocasse, c’est que ces 2 lectrices m’ont fait par la suite vivre des histoires très originales dont j’étais loin de me douter en acceptant de les rencontrer. La première lectrice figure dans mon blog par deux fois. La prochaine suivra ; je suis prêt à présent à écrire son histoire.
Alors, qu’ont-elles aimé le plus en moi : mon style ou mes histoires ? Un mélange des deux mais il y en a bien un qui l’emporte sur l’autre. C’est la magie de l’écriture ; oui, le mélange des deux.
Mais c’est la vie et les gens qui donnent envie d’écrire.
Arrondi.
Je me souviens que lorsque j'étais ado, un copain m'avait dit qu'il préférait les rondes.
- Tu verras, me disait-il, dès que tu auras eu 2 ou 3 copines, tu préfèreras avoir de la chair à serrer dans tes bras.
Je n'étais pas du tout convaincu mais cette phrase m'est restée, je ne sais pas pourquoi. Un peu comme celle d’une amie qui m'a dit un jour au restaurant (sans penser aux gens qui étaient autour de nous) :
- Finalement, rien ne vaut une bonne bite.
Je revois encore les yeux des gens à côté qui tournaient la tête pour savoir qui avait dit ça. J’ai perçu davantage de rire que de réprobations, en fin de compte.
Je reviens donc à cette phrase du copain. Longtemps, je restais attiré par les femmes minces, voire maigre avec des seins menus.
Un beau jour pourtant, sans que je sache comment ça m'est tombé dessus, je me suis mis à regarder les femmes rondes. Je les ai trouvées sensuelles et attirantes. Puis, je me suis mis à les désirer et à les approcher. Je me suis demandé pourquoi ce changement; est-ce qu'il y avait une raison, une explication.
Je n'ai pas compris.
Tout est dans l'imaginaire, dans le rêve. Est-ce leur charme moins cérébral (je n'ai pas dit sans cerveau), plus corporel ?
J'ai perdu de vue cet ami. Je sais qu'il vit avec une fille belge en Belgique près de Lille. Je serais curieux de savoir s'il pense toujours la même chose.
Traces.
- Tu as vu, le ciel est clair ce matin !
- Oui, je revis. Je me sens bien
- Cet hiver aura été très dur
- Je sais, j’ai pété plusieurs fois les plombs
- Les racines ont tenus, c’est l’essentiel
- Je suis bien ancré
- Et si tu flottes, c’est pour revenir vers moi
- Vivons ! Vivons vite !
- Ne perdons pas de temps !
Cicatrices cicatrisées. Traces indélébiles.
- Fais-moi l’amour !
Ecris-moi ... encore !
Je trouve parfois de drôles de surprises dans les mails que je peux recevoir des lectrices de mon blog.
Il y a quelques semaines j’ai lu un message très touchant à propos des histoires que j’écris. J’ai remercié la lectrice en lui conseillant de lire quelques autres histoires que j’ai écrites en commençant ce blog et que j’affectionne plus particulièrement.
Et voilà ce qu’elle me répondit :
« Tu sais quoi ? je les ai toutes lues ! lol ... j'aime vraiment cette manière douce dont tu parles des femmes ... on a l'impression que tu nous fait l'amour. C'est beau. »
Déjà que j’étais sous le choc que quelqu’un ait lu d’une traite toutes mes histoires, elle me porta l’estocade en comparant mon style à une façon de lui faire l’amour. Je ne savais pas comment l’interpréter mais j’ai trouvé cela très beau, très touchant.
Je lui ai répondu que j’étais vraiment très ému.
Elle me répondit tout de go : «Si je t'émeus, continue toi aussi à le faire, et à me faire l'amour de temps en temps ... c'est tellement rare :) »
Rare ?
La loi des séries
Il se trouvait planté là sur la place de la ville ; il avait bien choisi son endroit. C’est un lieu où il passe beaucoup de monde : zone étudiante, zone commerciale, zone culturelle. Une très belle zone. Il portait un jean en velours gris clair, une chemise bleu clair et pour trancher un blazer bleu marine.
J’avais moi-même un rendez-vous ; j’étais en avance et j’avais donc le temps d’observer les gens. C’est comme çà que je l’ai remarqué. Il abordait les gens, enfin des filles, ai-je constaté par la suite.
- « Encore un type qui fait des sondages », ai-je pensé.
Apparemment, le sondage devait être inintéressant car aucune personne ne s’arrêtait. Pourtant, il y mettait les formes : beaucoup de courtoisie, un brin de gentillesse et d’humour. Je me suis mis à le plaindre un instant car il devait faire 5°C maxi. Et je commençai moi aussi à avoir les pieds gelés. Je me résolus donc à marcher pour me réchauffer les pieds. Mon parcours m’amena tout près de lui. Le pauvre n’arrivait à attirer personne malgré son air avenant.
Son regard fut attiré par le mien qui observait son manège. Il vint vers moi et me dit : « Ca vous parait absurde ce que je fais, mais ça marche ! »
Visiblement, il croyait que j’entendais ses dialogues ; je lui dis qu’il n’en était rien. Alors il m’expliqua.
Il ne faisait aucun sondage. En fait, lorsqu’il abordait ces jeunes femmes, c’était tout simplement pour leur proposer de prendre un verre avec elle.
Je lui répondis : « Vous n’avez pratiquement aucune chance de trouver quelqu’un qui accepte, en plus avec un froid pareil »
- « Pratiquement aucune chance en effet ; j’ai évalué mon espérance de réussite à une chance sur cent. Et je peux vous dire que les statistiques sont exactes. En moyenne une personne sur 150 accepte »
- « Vu comme ça, évidemment, les choses sont plus positives » lui répondis-je
- « Restez un moment, vous verrez que c’est exact. J’en suis à la 67ème »
- « C’est d’accord, je vais regarder », rétorquais-je
J’allais me poser là discrètement à l’observer lorsque la personne avec qui j’avais rendez-vous arriva.
Je fis au garçon un signe d’au revoir de la main.
Je ne lui souhaitai pas bonne chance, puisque tout est écrit dans les statistiques.
- « Mon amour, combien de chance y-a-t-il que tu restes avec moi ? ».
- « De quoi me parles-tu ? » me dit-elle. « Tu ne vas pas bien ce matin ? »
Dent bleue
Il y a plusieurs mois de cela, je me suis mis à explorer dans ses tréfonds mon téléphone portable, en clair à regarder toutes les options de mon Smartphone. Je connaissais le principe du Bluetooth : permettre d’envoyer un fichier à son ordinateur par les ondes. Lorsque je me suis penché sur cette option, je me trouvais dans un café ; j’ai appuyé sur « rechercher » et quelle n’a pas été ma surprise de trouver des Smartphone connectés autour de moi. Les noms allaient de SG … à Nokia … en passant par une foule d’abréviations correspondant au type de Smartphone. Mais mon attention fut attirée par un nom en particulier. J’ai lu «Pouet». En appuyant de nouveau 5 mn après «Smart Rosa » s’est affiché. Ainsi, tout le monde ne sombrait pas dans l’anonymat ; certaines personnes avaient été jusqu’à insérer un brin de poésie dans leur Smartphone. Je vais jusqu’à écrire « poésie » car pas de «Olivier Dupont» ou de «Élise martin».
Moi qui pars très vite dans des histoires, j’imaginais toute sorte de vie d’après ces noms. Je dessinais un physique, un style, un look. Très vite, je me suis demandé qui, dans ce café, pouvait se nommer Smart Rosa. J’appuyais sur la touche rafraîchir, smart rosa était toujours dans ce café. Etait-ce justement cette brune aux cheveux courts, vêtue d’un long pull rose à col roulé avec du vernis rose clair sur les ongles ? 10 minutes plus tard, elle se levit et s’en alu (euh se leva et s’en alla). Ma curiosité me poussa à appuyer de nouveau sur « rafraichir » pour voir que c’était bien elle qui venait de quitter le café. Smart rosa était toujours là. Ce n’était donc pas la fameuse fille au pull rose. Je jetais un coup d’œil ; pas d’indice. Mais cela pouvait être quelqu’un sans rapport avec le rose ; et le rose n’est pas forcément une composante exclusivement féminine non plus.
Je restais sur ma faim et quittai ce café, un peu frustré. Finalement, je m’étais bien amusé.
« Amusé » est le terme exact car je me suis pris au jeu. Quelques jours plus tard, me trouvant dans le métro, je recommençais mon opération. Je tombais sur des choses insipides et sans saveur. Pourtant, un moment, un « nom » se présenta : « Orcima de Bering » (nom modifié par discrétion pour la personne). Celà ne pouvait pas être quelqu’un d’insignifiant. Je pensais à un personnage de jeu vidéo, à un héros de bande dessinée, à une personne qui était peut-être célèbre. Imaginez si j’avais lu : Mademoiselle K.
« Tiens, c’est une idée ; je pourrais mettre un nom connu sur mon smartphone pour rigoler ; des fois que d’autres personnes font les mêmes recherches ».
Je notais le nom et je cherchais ce nom sur internet. Immédiatement, ce nom se présente en premier sur Google : j’y vois une personne au look un peu gothique, qui travaille dans le domaine artistique, qui habite en effet près de chez moi ? Il y a même sa photo sur son site. Cette fois-ci, je la reconnais. C’était elle qui était assise en face de moi : même look de visage, un peu moins maquillé et avec des habits plus fous que ce qu’elle portait ce matin-là. J’étais loin de me douter de ce qu’elle était vraiment, de ce qui faisait sa passion dans la vie. Je me suis mis à penser un instant qu’afficher son nom ainsi est un peu comme si on se déshabillait en public et qu’on ne cachait rien aux gens qui vous côtoient sans qu’ils vous connaissent. C’était en novembre. Je l’ai cherchée les semaines suivantes et je l’ai aperçue de loin montant dans un autre wagon il y a une semaine.
J’ai poursuivi mon jeu alors que je prenais le TGV en décembre. Même opération, avec, cette fois-c, très peu de nom. Je voyageais en semaine et malgré tout après le 1er arrêt, un nom apparut Lishi Kaporova (rebrandé par mes soins), pas de doute, quelqu’un des pays de l’Est. Le wagon étant un endroit restreint et comme il y avait peu de monde, je me mis à arpenter l’allée en jetant des regards à la dérobée. Difficile de trouver qui pouvait être cette personne ! Et là, je me suis dit «regarde en direct sur internet avec ce nom». Je tombe effectivement sur ce nom avec beaucoup de liens renvoyant à facebook. Une véritable histoire en direct : elle serait russe, a vécu en Belgique, pourrait vivre actuellement à Londres après avoir été étudiante à Paris. Que fait-elle dans un train qui va de Paris à Brest ? Elle rejoint Londres par ferry, elle va rejoindre des amis …. ? Sa photo est là, oui, je vois qui elle est. Elle est assise 4 rangées devant moi et j’ai encore 1h30 avant d’arriver àma destination. Que puis-je faire pour aller plus loin dans mon jeu. ? Puisqu’elle a indiqué son email, «et si je lui envoyais un mail en lui demandant ce qu’elle fait dans ce train ? » Allez, je me lance, et c’est parti …. Que va-t-elle faire ? Comment va-t-elle régir ? Lira-t-elle son mail avant que je ne descende du train ? Je fais plusieurs passages dans l’allée en allant prendre des cafés (4 en tout). Toujours rien ! Elle m’a regardé un moment ; se doute-elle que c’est moi qui lui ai envoyé le mail ou bien est-elle intriguée par mes déambulations dans l’allée ?
Mon train arrive à destination ; je n’ai rien reçu. Je dois laisser le train continuer sa route avec elle. Après tout, rien n’est terminé.
Le temps de sortir de la gare, je consulte une dernière fois mon email. Et là, je lis «vous avez reçu un message». C’est elle : elle me demande qui je suis et quand je l’ai aperçue. En fait, elle croit que je suis quelqu'un qui la connait et l’a aperçue à la gare de Montparnasse. Je lui explique à demi-mot que je me trouvais dans ce train et je la complimente sur sa tenue ; j’ai retenu surtout les bootes montantes ivoire sur un collant à maille style filet de pêche. Elle est intriguée, croit que je suis vraiment quelqu’un qui la connait et qui lui joue une farce. Elle sera à Londres le lundi suivant, m’écrit-elle. Je lui ai dit que j’étais un parfait inconnu, elle semble peu convaincue. Elle passera bientôt à Paris. Alors peut-être.
Décidément, j’ai trouvé un nouveau moulin à histoires …
Les contes de Noël
Lorsque j'étais enfant, j'aimais lire et relire les contes de Noël. C'était surtout des contes provencaux. Et toute la magie de ce jour m'enchantait et me faisait rêver.
Et ce matin, je me suis réveillé en pensant à un billet que j'avais écrit il y a presque 2 ans. C'était en janvier 2010. Et je me suis dit que cela faisait un beau conte de Noël.
Désormais, chaque année, je pense que cette histoire s'ajoutera à toutes les autres qui sont inscrites dans ma mémoire.
Joyeux Noël à tous !


















