01 février 2010
Voir Prague ...
Après une relation de 6
ans sans issue, faite de multiples largages, j'avais décidé de rompre
définitivement depuis 3 mois. C'est alors qu'elle me rappela pour me dire
de ne pas couper les ponts totalement.
Je gardai le contenu de
son coup de fil dans ma tête, si par hasard je changeais d'avis. Nous étions en
janvier, il faisait froid.
Six mois après, elle me manque. Je veux la revoir.
Je lui écris un mail lui
expliquant que je suis décidé à la revoir mais pas comme çà. Elle est intriguée
et me demande de préciser.
Je lui donne rendez-vous
la semaine suivante à Prague; tu te rendras vendredi 16h à la maison municipale
(ouvrage architectural décoré par Mucha).
A prendre ou à laisser :
une forme de quitte ou double de ma part.
Si elle tient vraiment à
moi, elle doit venir au rendez-vous.
Je compliquai ma demande
en lui précisant que, quelle que soit sa décision, je serai à cet endroit au
jour et à l'heure convenus. En outre, je lui ai mentionné que je ne voulais pas
de réponse à mon mail. La bonne surprise serait qu’elle soit au rendez-vous
Je pris l'avion la veille
et passai la nuit dans un hôtel en me demandant si je n'étais pas un peu fou
d'espérer une issue positive avec une telle proposition.
Il faisait beau ce
jour-là. J'eus le loisir de flâner dans Prague le matin et de profiter de
l'ambiance de la ville. J'arrivai à la Maison Municipale ; c’est devenue
un restaurant prisé par la beauté de ses décors extérieurs et intérieurs. Il
était 15h50. Je me plaçais dans un petit coin en retrait pour observer à loisir
les entrées.
16h00 sonnèrent à la
grande horloge du restaurant, mon coeur se mit à battre la chamade. Pas de
trace d'elle à 16h15. Je commençai à penser que c'était foutu.
Lorsque soudain mon
téléphone sonna, c'était elle. Elle me dit qu'elle avait hésité et était
finalement restée à Paris. Je lui répondis que, moi aussi, j'avais fait faux
bond en demeurant également à Paris.
Cinq minutes s’écoulèrent
pendant lesquelles je regardais le décor en me disant que j’avais clos cette
histoire de belle manière. Soudain, un serveur m'apporta une enveloppe. Je
l'ouvris. Je reconnus son écriture: "Ton invitation était intéressante
mais un peu folle. J’ai donc pensé qu’il fallait mieux en rester là. Et puis
j’ai réfléchi à nouveau. A présent, je suis assise derrière toi. Tourne la tête
et regarde à droite de la colonne verte".
25 janvier 2010
Gout de chiottes
En réponse à celle qui me demandait si j'avais un goût de chiottes, hé bien voici.
Et c'est de l'authentique peint par mes soins.
22 janvier 2010
iélo
Lorsque je suis parti,
elle riait JAUNE. A trop vouloir jouer, elle l’avait bien cherché !
20 janvier 2010
Ce n’est pas ma faute
«Salut mademoiselle, je t’appelle car on avait promis de se revoir très vite. J’ai eu peu de temps ces derniers jours. Comme je sais que tu es libre les mardi vers la mi-journée, je te propose de déjeuner ensemble aujourd’hui».
« Ecoutes, là ca va pas être possible car j’ai prévu d’aller en bibliothèque » me répond-elle
« Tu ne peux pas reporter ? ».
« Si, bien sûr. Mais quand j’ai programmé quelque chose, je n’aime pas changer » dit-elle.
« Tant pis. A une autre fois alors !».
« C’est çà » conclut-elle.
Elle se comporte tout le temps de cette façon. Si elle ne programme pas les choses 1 à 2 semaines à l’avance, elle n’est pas contente. Elle a horreur de l’imprévu.
Et après, elle se plaint d’être seule. « C’est la faute à pas de chance » dit-elle.
Je crois surtout que c’est comme ça qu’on laisse passer des opportunités.
15 janvier 2010
Belle et intelligente.
C’était l’année
dernière ; c’était le matin et c’était dans le métro.
Une de ces nouvelles
stations aux allures de décor de bandes dessinées futuristes ; avec plein
de tubes et de courbes ; beaucoup de volumes pour donner la sensation de
se trouver dans un espace énorme d’y
être bien.
Je descendais donc
l’escalator à la station Chatelet, exactement la ligne 14 pour les initiés. Je
m’apprêtais à m’asseoir sur un banc lorsque je l’aperçus, prostrée sur son
siège. Elle était engoncée dans son caban bleu marine duquel dépassaient une
paire de collants de laines rouge bordeaux. Elle avait une mine défaite. S’apercevant
que je la regardais, elle me fixa et me dit : « Bonjour !». Je
lui répondis « Bonjour !» en ajoutant « Vous avez l’air
triste ».
« Je n’ai pas l’air
triste, je suis TRISTE » me répondit-elle.
« Qu’est ce qui se
passe ? » lui demandai-je ?
« Je suis seule et je
n’arrive jamais à garder quelqu’un » me dit-elle
« Pourtant, vous êtes
belle et intelligente », lui répliquai-je
« Alors aimez-moi » me dit-elle.
« Je ne peux pas aimer
la terre entière » lui dis-je, « même si ce n’est pas l’envie qui
m’en manque ».
« Alors trouvez-moi
quelqu’un puisque je suis belle et intelligente » me lança-t-elle.
« Nous ne sommes pas
loin de Noël mais que je ne m’appelle pas le père Noël » lui dis-je.
Il se trouva qu’un type
assis juste aussi à côté de nous écoutait la conversation et souriait.
J’en profitais aussitôt pour
l’aborder et lui demander de confirmer qu’elle était belle et intelligente. Ce
qu’il fit volontiers avec un sourire plus large encore.
Elle éclata de rire.
Je dis tout de go à cette
fille : « Ca y est, j’ai trouvé votre homme ».
Je demandai au type de s’asseoir
à côté d’elle ; il s’exécuta. Mon métro arrivait ; je leur dis « Coucou
les tourtereaux », amusé.
Le père Noël avait
distribué son premier cadeau … avec un peu d’avance.
08 janvier 2010
Epure
Le décor : une pièce
carrée de 12 m2 environ aux murs blancs. Une fenêtre qui donne sur la rue, des
stores vénitiens en bois. Devant cette fenêtre, une jolie table en bois plein
d’un design moderne et les chaises qui vont avec.
Sur un des côtés du mur,
une table en verre que surplombe un poste de télévision. A côté, un
embrouillaminis de fils électriques et téléphoniques.
En face un large canapé 2
places à accoudoirs, de teinte foncé.
Les personnages :
La jeune fille aux cheveux
longs, une main sur le canapé, une autre sur l’iphone prête à répondre illico
L’homme, plus âgé qu’elle,
assis droit à l’autre extrémité du canapé.
L’action : l’écran déversera la fontaine d’images pendant environ 2 heures. Quasiment aucuns dialogues échangés. Après, chacun sortira de la scène de la même façon qu’il en était apparu.
Addendum :
« … Leurs yeux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus …"
Genèse 3.
Moment mystique et
cérébral exclusivement.
05 janvier 2010
En tous chemins, en tous lieux.
Lorsqu’elle
« entra » dans ma vie, ce fut par un morceau de papier déposé sur mon
bureau. Une demi-feuille A4, pliée en deux.
Je n’y fis pas attention
tout de suite, car il y avait mon nom écrit dessus et je pensai que c’était un
message professionnel.
En effet, l’action se
déroule entre autres sur mon lieu de travail.
Ce n’est qu’en fin de
journée que je jetai un œil sur ce billet. Il y était écrit : « Je
vous trouve charmant et j’aimerais prendre un verre avec vous » Signé
« Elle ».
Je crus tout d’abord à une
blague de mes collègues.
Non pas parce qu’elle
était peu jolie, mais surtout parce que ce n’était pas du tout, mais vraiment
pas mon type de femme.
Je rangeais négligemment ce billet dans un tiroir, choisissant de ne rien dire, de ne rien faire.
Le lendemain, sous un
prétexte quelconque, elle vint dans le bureau où je travaillais (elle n'y était
encore jamais venue), pour demander un renseignement à une de ses collègues. En
sortant, elle frôla mon bureau, me jetant des regards aguicheurs. Pas de doute,
elle était au moins dans le coup ; elle était complice de la blague.
Je me résolus à en parler
à mes collègues de la pièce qui confirmèrent qu’elle en pinçait pour moi.
J’ai toujours été très
réticent d’avoir une aventure sur mon lieu de mon travail ; à plus forte
raison, je n’allais pas donner le change dans cette affaire.
Des semaines passèrent pendant
lesquelles je pensai que l’affaire avait capoté.
Mais un soir, alors que je
sortais de mon travail, elle était là et m’attendait devant la porte; elle me
proposa de prendre un pot avec elle. Je n’osais refuser net et lui dis que je
n’avais pas le temps ce soir. Bêtise : elle recommença la semaine suivante
et je dus piteusement lui avouer que je n’en avais pas envie.
Quelques semaines plus
tard, le jour de mon anniversaire arriva. Je sortais de chez moi au petit
matin ; elle se tenait là devant ma porte (comment avait-elle eu mon adresse ??),
et tendit le bras vers moi avec un cadeau. Je m’énervais un peu après elle,
refusai de prendre le cadeau et lui demandai d’arrêter.
Ce manège dura quelque temps et je n’avais pas
envie de lui causer des ennuis professionnels. Je rongeais mon frein à chacun
de ses nombreux passages dans mon bureau.
C’est la fin du premier
volet qui se déroula en province.
Plusieurs moi s après,
j’arrivai à Paris et avais oublié totalement cette histoire lorsque je reçus
une jolie enveloppe avec dedans une non moins jolie carte sur laquelle elle
avait écrit de délicats mots doux me souhaitant de bonnes fêtes et me disant
qu’elle passerait à Paris prochainement et qu’elle en profiterait pour me voir.
Décidément, je ne m’en
dépatouillais pas ; comment avait-elle eu mon adresse ? Un moment, je
croyais l’apercevoir partout, surtout le
week-end. En sortant de chez moi, en faisant mes courses etc. Lorsque j’allais
sur mon balcon, je croyais la voir en bas qui guettait ma sortie de l’immeuble.
Un soir de semaine,
c’était vers la mi-janvier, alors que je rentrais chez moi, la gardienne
m’interpella en me disant que mon amie avait déposé ce paquet pour moi et
qu’elle allait repasser en début de soirée. Je lui dis que je ne voyais pas de
qui il pouvait s’agir ; elle me donna son nom et je compris tout de suite.
Là encore, par aboulie, je
n’osai dire à la gardienne que c’était la folle de province qui me poursuivait.
Je montai chez moi et bien
sûr, elle se pointa 45 minutes plus tard guidée par la gardienne. Je me résolus
à lui ouvrir ma porte en espérant conclure cette histoire absurde.
Je lui répétai ce que je
lui avais déjà dit à maintes reprises, qu’elle n’était pas mon genre, que je
n’avais rien à faire avec elle. ; Elle ne voulait pas bouger.
Elle me dit, après
plusieurs minutes de palabres, qu’elle acceptait de partir de chez moi mais
qu’elle voulait dîner avant. Je lui dis d’accord mais qu’elle partirait
aussitôt. Le repas fut rapidement consommé, vu que je n’avais pas envie de lui
faire la conversation qu’elle animait toute seule.
J’attendis qu’elle ait
bien terminé pour la raccompagner hors de mon appartement.
Elle prétexta alors qu’elle
ne connaissait pas Paris et qu’elle ne voulait pas sortir seule lorsque la nuit
est tombée.
Il a fallu que je descende
à mon parking et que je la dépose en voiture devant son hôtel.
J’en ris à présent, mais
je songe à la façon dont j’ai réagi. Je croyais m’en débarrasser à chaque fois
en la repoussant mais elle devait s’imaginer au contraire que je ne lui étais
pas indifférent.
Elle a dû se résoudre à abandonner
son incessante cour, car depuis je n’en ai jamais entendu parler. Mais des mois
après, je me surprenais encore à croire l’avoir aperçue derrière moi m’épiant.
01 janvier 2010
D'une année l'autre
Deuxième année pour mon blog. Bientôt de nouvelles histoires et aussi de nouveaux sujets.
Je continuerai de m'émerveiller de ces échanges écrivain-lecteur et je vous reviens la semaine prochaine.
Bonne année 2010 à vous !
22 décembre 2009
Bonjour, bonsoir.
Je la croise souvent le
matin en prenant l’ascenseur ; elle est jeune, souriante mignonne. Elle a
l’habitude de me jeter des regards intimidés à travers sa longue chevelure
brune.
Et ce matin, lorsque je suis
rentré dans l’ascenseur, elle m’a dit : «Bonsoir !». Elle éclate
de rire aussitôt, en s’apercevant de son erreur. J’essaie de lui trouver une
excuse en argumentant qu’il fait nuit le matin et le soir, et qu’elle ne voit plus
la différence en se levant.
Elle poursuit en me disant :
«Je serais bien restée au chaud dans mon lit».
«Pas vous ?» poursuit-elle.
Si j’avais osé, je lui aurais dit : «Avec vous, je
serais même resté toute la journée». Mais je suis bien élevé, et mon imagination
est trop riche ; et puis, ce n’était sans doute pas une invitation.
Elle est sortie de l’ascenseur en trottinant dans ses longues bottes noires sur ses collants gris en laine, tenant sur son épaule un gros sac noir en cuir. A bientôt !
15 décembre 2009
A la vie, à la mort
Et si l’amour était notre bain de jouvence ; et si c’est ce qui nous motivait pour rester en vie . J’y pensais hier en regardant un film dont la trame du scenario se basait sur la vie éternelle. C'est l’histoire d’une jeune femme condamnée par la maladie et qui pour conjurer son sort (?) écrit une histoire sur l’arbre de vie. Elle s’invente un chevalier servant qui lui apportera les fruits de la vie éternelle.
Cela m’a aussitôt rappelé la réflexion d’un homme qui se demandait « Est-ce qu’il faut être "fils de" pour être quelqu’un ?» ; il concluait en disant : « Je suis quelqu’un car je suis "père de" ».
J’interprète sa réflexion comme une façon de laisser un bout de soi qui se prolongera dans les temps futurs.
Nous ne sommes rien que la suite de quelques uns, mais surtout la racine de tous les autres à venir.
Il faut aimer prendre le train bleu des songes (jlm)
10 décembre 2009
Bis repetita
J’ai toujours beaucoup
aimé voyager en train. Parce que j’adore me laisser porter par le balancement
des wagons, me laisser bercer par le bruit des roues. Il y règne une ambiance
particulière que je ne saurais exactement définir sinon qu’elle réserve
toujours des surprises, des émerveillements.
C’est ainsi que, lorsque
je vais en Italie, à la place de l’avion, je prends toujours un train-couchette
pour goûter à ce plaisir . Ce sont les derniers vestiges d’une époque révolue.
Ces trains ne sont en fait conservés que pour les Italiens.
On y retrouve tout un
cérémonial. C’est le wagon-restaurant, où l’on dîne en regardant le paysage
défiler. C’est le coucher et le réveil avec le petit-déjeuner dans le train. Ce
sont ces wagons qui stoppent au beau milieu de la nuit pour effectuer un
changement de locomotive. Et c’est le paysage qui a complètement changé en une
nuit. On part de la grande ville pour se retrouver longeant la cité adriatique ;
les maisons sont ocre orangers avec des volets verts.
La dernière fois que j’ai
eu l’occasion de prendre ce train, nous partagions, pour aller à Rome, le
compartiment avec des chinois qui visitaient l’Europe ; à 20h30 ils
étaient consciencieusement couchés et dormaient. Au retour, nous sommes tombés
sur un couple sicilien qui jouait à un jeu de cartes s’apparentant au tarot
cartomancien ; au beau milieu de la nuit croyant que nous dormions, le
mari s’était mis à fumer en cachette. Je ne m'aperçus qu’au début de la nuit
qu’il parlait le français aussi bien que moi et qu’il habitait en banlieue
parisienne.
Pas de chance pour lui (me
dit-il), sa fille avait épousé un Romain. Il devait donc souvent refaire
l’aller-retour depuis Paris.
Pour revenir au sujet qui
fait la ligne de conduite de mon blog, je me souviens de deux rencontres aussi
originales que courtes.
La première se passa dans
un train qui reliait Paris à la Bretagne. C’était le dernier train à partir de
la gare Montparnasse ; et tout le monde s’apprêtait à y passer une partie
de la nuit. Je me trouvais dans un compartiment, seul. Une fille vint s’y
ajouter. Elle avait le corps menu, était de petite taille, ses cheveux étaient mi-longs,
noirs et raides. J’avais éteint la lumière, elle remit donc la veilleuse une
fois ses bagages installés. J’étais alors en stage à paris, elle travaillait
depuis peu dans un commerce. Je m’étais presque assoupi lorsque je sentis
quelqu’un sur mon épaule. C’était elle qui cherchait un appui. « Je suis
fatiguée, cela ne te dérange pas que je m’appuie sur ton épaule ? «.
Je lui répondis que non. Elle se trouva rapidement allongée sur la banquette,
la tête sur mes cuisses en guise d’oreiller.
Arrivèrent deux jeunes
types dans le compartiment qui s’asseyèrent en face de nous. Je sus au cours du
trajet qu’elle habitait non loin de chez moi à l’époque. Je lui laissai mon
téléphone ; j’attends encore son appel. Je me suis demandé pourquoi elle
ne m’avait jamais rappelé ; avais-je mal écrit mon numéro de téléphone dans
la pénombre ? Occasion manqué.
Puisque je parle d’une
fille, je vais à présent en parler de deux. C’était dans le train de nuit qui
me ramenait de Rome à Paris en passant par la Suisse. Je fis la connaissance de
deux jeunes filles ; elles étaient américaines et vivaient à Lausanne ou
Genève, je ne me souviens plus. Je ne sais pas si c’est l’ambiance spéciale due
au train (cf. plus haut), mais toujours est-il que, même dans un français
approximatif pour elles et moi bredouillant l’anglais, nous arrivâmes à nous
comprendre. Toutes les deux (oui ensemble) commencèrent à me coller ; je
jouai le jeu et c’était délicieux. Je vous laisse imaginer la suite :
pas tout à fait idéale dans un train mais fort agréable. Par contre la fin
fut plus surprenante. Le manque de sommeil après presque deux jours sans
vraiment dormir fit que je m’assoupis avec elles dans ce compartiment.
Lorsque je me réveillai,
plus aucune trace d’elles deux. Le train avait quitté la Suisse et elles
étaient descendues du train sans me réveiller. Pour tout souvenir, elles
avaient laissé sur la banquette une culotte et une chaussette avec un morceau
de papier sur lequel était écrit « Ce fut un doux rêve ».
04 décembre 2009
Délit d’initiée.
A force de passer me lire sans
rien me dire, cela commençait par m’intriguer. J’écris pour moi-même mais c’est
également la motivation de toute personne qui écrit que d’être lue.
Je ne qualifierais pas
cela d’exhibitionnisme ; cela serait plutôt pour ma part une sorte de
catharsis et d’expression du plaisir de jouer avec les mots.
Le dialogue avec mes
lecteurs est essentiel et me conforte ; quelles que soient les remarques.
Le confort de l’anonymat du blog m'assure malgré tout une protection qui permet
de davantage s’épancher.
Un jour pourtant, j’ai
sauté le pas. Je ne peux pas dire que je me suis laissé prendre à sa proposition,
j’étais en effet libre de la refuser.
Nous nous retrouvâmes à Paris près du jardin des Plantes. Elle est assise contre la
grille, un casque sur les oreilles. Elle sait tout de suite que c’est moi
puisqu’elle se lève pour venir à ma rencontre.
Elle possède au départ
plus d’atout que moi dans son jeu, puisqu’elle a tout lu mon blog et je ne sais
seulement que quelques bribes sur elle.
Elle a cette qualité
d’être claire, calme et de savoir exactement ce qu’elle veut. Je ne suis pas
déçu par rapport à l’idée que je m’en étais faite ; c’est exactement ça.
La conversation a un tour
très littéraire. Forcément, nous baignons dans ce même atmosphère et en plus
c’est son activité principale.
J’écris dans les moments heureux,
elle écrirait davantage ses rancœurs.
Les deux heures passeront
très très vite ; seule la fatigue mettra fin à notre conversation.
Devant la vitrine du
restaurant, le camion qui part et qui nous faisait de l’ombre amènera le soleil
sur son profil droit ; cela donnera le signal du départ.
Les bons sont ceux qui
simplifient et les méchants sont ceux qui compliquent.
30 novembre 2009
Fuzzy logic
Elle apparaissait comme une tâche vermillon, floue
dans ma mémoire. Tel le coquelicot au milieu de la neige.
Ses cheveux volaient au vent et le rideau faisait
une frontière entre elle et moi.
Elle restera mystérieuse car indéfinissable. Pure
et frivole.
C’était pourtant en plein mois d’août. Le soleil
était là qui passait à travers les raies des volets.
Et ma main n’arrivait pas à la saisir. Ce n’était
pas que de l’impuissance, elle voulait rester libre.
24 novembre 2009
Poésie ambiante
Elle surgit par hasard. Au
détour d’un blog. Je crois que c’est moi qui la découvrit.
Il s’en suivit des échanges doux et forts à la fois. La légèreté était empreinte de profondeur et la force était sans conséquence sur les contacts futurs.
La franchise des échanges.
La poésie des images, des textes ; l’intérêt mutuel pour la chose artistique.
Aussi, la patience des
dialogues, la sincérité, la créativité.
C’est passionnant et
intéressant lorsque l’on a le temps pour soi et que l’on n’a pas vraiment
d’objectifs.
Quelques clins d’œil
échangés, des mots griffonnés, des images réalisées sans les préméditer.
C’est bien de ne pas en
voir la fin, c’est bien d’être spontanés, pas flatteurs et sans arrière-pensée.
Autour de tout cela une
atmosphère empreinte de poésie. La facilité de dire les choses comme l’eau qui
coule de la source. La certitude de l’apaisement et de la prochaine fois.
La beauté de la jeunesse et les projets en tête au milieu de l’incompréhension du monde.
18 novembre 2009
Blanc-seing
Lorsque j’ai lu sur son
blog qu’elle avait un voisin mystérieux qu’elle épiait de temps en temps, cela
m’a rappelé le premier appartement que j’ai occupé en arrivant à Paris. C’était
un minuscule studio sous les toits avec de petites lucarnes pour seule clarté.
Autant dire qu’en levant
les yeux par la fenêtre, mon seul horizon était le ciel et les toits d’en face.
En bas, une cour d’immeuble. Ce qui fait que, lorsque je ne sortais pas de la
journée, mon environnement se limitait à celui d’un animal en cage.
Ce n’est que la nuit qu’un
peu de vie s’animait avec les lumières des appartements d’en bas qui laissaient
deviner un peu de mouvement à travers les vitres ou la transparence des
rideaux.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’un soir, j’aperçus, à travers sa fenêtre, une jeune femme se baladant presque nue. Elle faisait des allées venues. Je ne fus pas trop surpris du fait qu’elle se balada nue. Ce qui m’intrigua, c’est qu’elle portait en permanence pour seul vêtement un soutien-gorge. Je fus donc doublement intéressé lorsque je la regardais de temps en temps. Les jours passaient et toujours le fameux soutien-gorge sur ses seins. Parfois, elle déambulait totalement nue mais c’était pour aller sans doute prendre un bain ou aller se coucher.
J’en vins à échafauder
hypothèses ; peut-être a-t-elle les seins qui pendent (non, elle avait de petits
seins fermes) ; est-elle folle ? Cela resta un mystère pour moi.
Et à chaque fois que je
regardais, toujours les mêmes déambulations avec cette tenue invariable. La couleur
et la coupe changeait ; « Tiens, aujourd’hui elle porte un splendide
rouge foncé à soie !» ; « Ce matin, elle est toute dentelle
noire ». Cela me faisait penser à un ancien collègue qui changeait de
montre selon ses états d’âme ; cela nous permettait de savoir s’il était
de bonne humeur et comment il fallait le prendre.
Ce manège dura 4 longs
mois avant que je ne connaisse la cause de cette tenue légère et inconnue à mes
yeux.
En fait, un jour, un
habitant de l’immeuble me parla des gens qui habitaient le bâtiment et, entre
autres, de cette jeune femme. Lorsqu’elle arriva dans l’immeuble, elle se
promenait entièrement nue à la vue des voisins (enfin, « ceux qui avaient
envie de mater » disait-elle). Cependant, un beau jour, des voisins qui occupaient
l’appartement d’en face virent d’un mauvais œil les déambulations de cette
jeune femme ; « Cela pourrait mettre mal à l’aise leurs enfants »
invoquèrent-ils.
Étant situé au dernier
étage (excepté l’étage mansardé où j’étais), elle s’arrangea pour ne cacher que
ce que ces gens voyaient (à savoir le haut). La consigne fut donc donné à cette
jeune femme de cacher ce sein qu’ils ne sauraient voir.
Voilà comment une histoire
simple a pu hanter mes jours ; je cherchais une explication qui était, en
fait, claire et limpide.
13 novembre 2009
Un sang d’encre.
Je suis d’un naturel assez
discret et réservé. Je me souviens que, lorsque j’étais en fac, j’étais très
timide et avais beaucoup de mal à aborder les filles.
Et justement, c’était en 2ème
année, il y avait une fille qui se plaçait toujours non loin de moi : 2
rangées plus bas ou plus haut. Elle était belle, un visage qui ressemblait à
celui d’Emmanuelle Béart ; je me souviens de son prénom, Hélène. Je revois
ses longs cheveux châtain clair et son allure un peu mec ; elle portait toujours
un jean bleu et une chemise ou un pull
large.
Nous nous jetions souvent
des regards à la dérobée et nous, ou plutôt « je » n’osais lui
adresser la parole ; Je pensais en moi-même qu’elle était trop belle pour
moi et surtout qu’elle devait me trouver moche ou fade.
Je regardais en détails
tout ce qu’elle faisait. Et je m’aperçus rapidement qu’elle avait toujours un
stylo encre à la main. Quand elle ne prenait pas de notes, elle dessinait ;
à l’encre marron clair ou violette. C’était des volutes de fleurs ou des
chevaux à grande crinière.
Utilisant la seule chose
que je pouvais faire à cause de ma timidité, je me mis également à dessiner,
espérant qu’elle verrait que je dessine aussi et qu’elle m’aborderait.
Elle me fixait fréquemment mais je ne savais pas comment interpréter cela.
Un jour, il y eut beaucoup
de monde en cours ; et ce jour-là, elle s’assit juste à côté de moi. Je ne
savais plus trop quoi faire : l’occasion était trop belle et il m’était
difficile de lui jeter des regards vu qu’elle était juste à mes côtés.
Ce fut elle qui fit le
premier pas en me demandant si j’avais une cartouche d’encre. J’avais, par
mimétisme, adopté moi aussi des couleurs d’encre chatoyantes. Je lui donnai
donc 2 cartouches d’encre bleu des mers du sud (turquoise). On ne s’échangea
presque aucuns mots pendant le cours. Dès que celui-ci fut fini, c’est elle qui
me demanda de la suivre. Et en à peine 24 heures, ce fut l’osmose. On ne se
parlait pratiquement qu’avec les yeux, on échangeait avec le regard. Ce fut
fusionnel, corps et âmes.
Je repense soudainement à
toutes ces occasions manquées à l’époque à cause de ma timidité.
09 novembre 2009
Tout rouge !
Ayant été tagué par la gente demoiselle Framboize, je vous envoie une jolie chaussure rouge. Il fallait des chaussures "très filles".
Cela tombe parfaitement. Lorsque je les ai achetées, je pensais que ça devait être des chaussures femmes (because la couleur) : la pointure et le rayon m'ont rassuré. Ce sont des DKNY que j'ai utilisé parfois pour courir. Elles sont hyper douces au pied.
Cela m'aurait été bien utile lorsque elle m'avait donné rendez-vous en me demandant de porter des chaussures rouges. Je m'étais rabattu sur du rouge Bordeaux.
05 novembre 2009
Chute.
Alors que je prenais lundi
une leçon avec ma prof d’anglais, celle-ci me confia que pour elle, l’automne
est la plus belle saison de l’année. J’étais à peu près d’accord avec elle. La
campagne est toute mordorée ; les arbres revêtent des couleurs
différentes. Ce n’est que combinaison de verts, marrons et rouges.
Le sol aussi est jonché de
ces couleurs. Même les trottoirs de la ville changent de parures.
Et ces arbres, qui ont
perdu leurs feuilles, révèlent leur corps nu laissant bientôt apparaître une
sensibilité à fleur de peau : les nervures, les branches mortes, les
écorces arrachées.
Je me prends tout d’un
coup à les assimiler à des personnes. Ne dit-on pas «effeuillage»
lorsqu‘on parle de déshabillage.
L’habit fait le moine et il révèle l’originalité, la façon de vouloir s’exprimer face aux autres. Cependant, contempler une personne sans aucun habit transforme radicalement la vision que l’on a de la personne. Certes parce que c’est un moment rare, mais aussi parce qu’elle se comporte également de façon différente.
Je repense à cette jeune
femme avec qui je faisais des photos. J’aime réaliser des portraits, notamment capter
l’expression du visage, sa sensibilité, son émotivité. Et très rapidement, elle
me dit qu’elle n’aimait pas ça. Elle était venue pour poser nue. Elle me dit
qu’elle trouvait que tout habillage avait un côté factice et ne faisait que
cacher sa vraie nature. Ces parures masquaient et surtout empêchaient de se
dévoiler au grand jour.
Je me souviens très
nettement de cette fille par ce qui s’en suivit lorsqu’elle eut ôté tous ses
vêtements. Elle avait une longue cicatrice le long de la jambe droite qui
allait du bas de la cuisse jusqu’au milieu du mollet.
«Ce sont les suites
d’un cancer» m’avait-elle dit. «Je suis guérie à présent».
Je n’en fus que davantage
ému et compris à présent beaucoup mieux ce qu’elle voulait exprimer sur le fait
que les vêtements cachent l’essentiel.
Elle avait certainement le
désir de se montrer telle qu’elle était ; de dévoiler son corps sans fard
(sa beauté, la souffrance qu’elle avait dû endurer).
Durant la séance, j’avais
l’impression qu’elle partait parfois dans ses rêves et qu’elle était heureuse,
sereine et apaisée.
J’ai de temps en temps de
ses nouvelles de façon indirecte puisqu’elle est devenue un personnage public
Et chaque fois que je
m’approche d’un arbre qui a perdu toutes ses feuilles, je suis doublement ému
en me rappelant son image.
22 octobre 2009
Parti.
La première chose que je
vis d’elle, c’est sa silhouette dans le soleil. Une brune à la silhouette
petite et allongée. Elle sortait de l’eau dans son maillot de bain. Je la
regardai passer devant moi ; elle me remarqua également et me jeta un coup
d’œil à la dérobée.
Elle alla s’asseoir sur sa
serviette. Je profitai que son journal s’envola vers moi pour faire sa
connaissance. J’étais en vacances depuis une semaine ; elle venait d’arriver
dans cette île du sud de la France sur les conseils de sa sœur, m’expliqua-t-elle.
Dans le cours de la
conversation, elle me déclara : « Je suis veuve ». Interloqué,
je n’osai pas lui demander comment et depuis quand. C’était une jeune veuve ;
elle avait 35 ans maxi.
Une heure plus tard, je vis sa fille arriver près d’elle. Sa fille avait environ 10 ans. Je fus ému de voir cette petite fille, orpheline de père, qui semblait très complice avec sa mère.
Plus tard, le lendemain soir, je la croisai à nouveau. Elle était accompagnée de sa fille et d’un petit garçon de 2 ans. Je fus ému ; elle ne m’avait pas dit qu’elle avait également un fils. Je me dis que c’était une très récente veuve, vu l’âge du bambin.
Elle affichait une grande
douceur dans le regard et, en même temps, semblait vouloir séduire lorsqu’elle
parlait avec moi.
En plein milieu de la
conversation, elle dit que son fils « revenait de deux semaines de vacances
de chez son père ».
Et puis, la conversation s’enchaîna
sur autre chose, comme si elle avait parlé d’une chose banale.
Je sus encore qu’elle avait eu ce fils d’un homme avec qui elle n’avait jamais vécu. Pourquoi ? Comment ? Elle changeait aussitôt de sujet que je n’avais pas le temps de la questionner. Et puis, je voyais bien qu’elle ne voulait pas en parler.
Par moment, elle partait
dans ses rêves et je ne l’entendais plus. Et lorsqu’elle parlait, elle
regardait très souvent au loin et semblait se parler à elle-même.
Lorsque je rentrai à Paris,
j’eus l’impression d’avoir rencontré une jeune femme insaisissable, mystérieuse
et qui voulait cacher un grand secret. Pas forcément sur des faits personnels mais
certainement sur ce qu’elle pensait de sa vie. Elle me donna l’impression de quelqu’un
qui ne vit pas sur la même planète que les autres.
20 octobre 2009
Mon oeil !
Qu’est ce qui attire l’œil sans que l’on y prête attention spécialement ?
Il y a quatre heures, je marchais dans une rue à Paris et je fus attiré par cette affiche.
Ce fut d’abord la couleur (le rouge) et le sang coulant de la commissure des lèvres de cette jeune femme ; le contraste sans doute entre la cruauté et la sensualité. Mon œil tourna en un cercle concentrique pour apercevoir les lettres dégoulinantes du titre du film, puis apercevoir la main à terre sanguinolente, ensuite en remontant irrésistiblement vers les chaussures (rouge sang elles aussi) et en terminant sur le t-shirt rouge de la même teinte.
Je ne sais pas de quoi parle ce film qui va sortir, mais je devine à présent ce qui peut attirer le regard et fasciner.
Voilà comment on peut se laisser prendre au piège et se faire trucider. Je repense tout à coup à mon post précédent.
















