Histoires partielles et partiales

01 avril 2014

J'ai mes règles.

Quand quelqu'un me narre ses infortunes amoureuses, cela me rappelle une réflexion que je me suis faite un moment et à laquelle je pense systématiquement dans ce genre de circonstances.

Est-ce que je me vois présenter cette personne à mes amis et à ma famille ?

Qu'est-ce qui m'a attiré la première fois où je l'ai vue ?

A partir de ce constat, tout est simple.

Mais comme je pense également que l'amour obéit à tout sauf à la logique, tout ce que j'ai écrit depuis le début de ce billet s'annule.

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20 février 2014

Entre deux eaux.

Lorsque j’allais à la piscine, je la croisais fréquemment. Ma première vision fut celle de son visage qui dépassait de l’eau. Un visage à la peau claire, des yeux brillants marron, clair également. De ses cheveux, seules quelques mèches dépassaient de son bonnet blanc et bleu.

Comme nous nous croisions  au milieu de la piscine, il fallait attendre 50 mètres pour que je puisse la regarder à la dérobée; ce qu’elle ne manquait pas de faire de son côté.

A chaque fois, j’attendais qu’elle sorte de la piscine pour contempler sa silhouette qui ne me rendait pas insensible.

Le manège se reproduit plusieurs fois avant que je ne me décide à l’aborder lorsqu’elle faisait une pause à un des bouts de la piscine. De brèves discussions qui me laissaient sur ma faim et qui de ce fait pimentaient davantage l’envie de la connaître plus.

A chaque fois, c’était des bouts de conversations de 30 secondes à une minute maximum. Je n’arrivais pas trop à la cerner. A chaque fois, j’avais la sensation de la découvrir pour la première fois.

Un mois après cette première rencontre, je me lançais et l’invitais à s’attendre à la sortie de la piscine. Elle refusa en prétextant qu’elle avait un autre rendez-vous juste après et qu’elle était, en plus, déjà très en retard.

- Une prochaine fois alors ?

- Pourquoi pas ?, me répondit-elle

Deux semaines se passèrent sans que je l’aperçoive ; c'était elle à nouveau. Grands sourires ; réponse réciproque.

- Etes-vous toujours très occupée comme la fois précédente ?

Elle me répondit avec ses yeux, l’air interrogatif et surprise.

- Non, pas plus occupée que les autres fois, me répondit-elle. Pourquoi ? ajoute-t-elle

- Parce que mon invitation tient toujours, lui dis-je.

- Ha ! Vous ne m’avez jamais invitée. Vous devez faire erreur

Je pris sa dernière phrase pour un message de ne pas réitérer mon invitation.

Le manège aquatique se prolongea ainsi comme les premières fois, au rythme des longueurs de bassin.

Une saison passa lorsqu'un événement inattendu se produisit. Je la croisai au milieu du bassin et à peine arrivé au bout du couloir, je la croisai à nouveau.

Pas possible qu’elle m’ait presque rejoint en une seule longueur ! J’ai dû rêver.

Je reprends ma nage et je la croise à nouveau au milieu du bassin. Cette fois, je me prends à me demander si je ne suis pas fou, si mon obsession me fait croire que je la vois alors qu’elle n’est pas là. Et de nouveau, une longueur de plus, et je la revois à nouveau juste derrière moi.

J’en ai le souffle coupé. Je m’arrête cette fois au bout de la ligne et elle me dépasse donc en faisant une longueur dans le sens inverse. Je la regarde filer et voilà qu’une autre fille arrive, identique.

Je réalise soudain que j’avais affaire à 2 soeurs jumelles.

Je me suis alors rendu compte que j’avais parlé avec chacune d’entre elles successivement en croyant que je parlais à la même personne.

J’ai compris à présent pourquoi elle m’avait dit que je ne l’avais jamais invitée.

Et du coup, je ne savais plus qui j’avais invitée ; et je ne savais plus quoi leur dire à chacune d’entre elles. Jouaient-elles de leur ressemblance vis-à-vis de moi ? En avaient-elles parlé ensemble ?

Je vais leur poser la question la prochaine fois.

Un conseil : faites attention quand vous draguez 2 sœurs jumelles !

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24 décembre 2013

 

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C’était l’année dernière; c’était le matin et c’était dans le métro.

Une de ces nouvelles stations aux allures de décor de bandes dessinées futuristes ; avec plein de tubes et de courbes; beaucoup de volumes pour donner la sensation de se trouver dans un espace énorme et d’y être bien.

Je descendais donc l’escalator à la station Chatelet, exactement la ligne 14 pour les initiés. Je m’apprêtais à m’asseoir sur un banc lorsque je l’aperçus, prostrée sur son siège. Elle était engoncée dans son caban bleu marine duquel dépassaient une paire de collants de laine rouge Bordeaux. Elle avait une mine défaite. S’apercevant que je la regardais, elle me fixa et me dit : « Bonjour !». Je lui répondis « Bonjour !» en ajoutant « Vous avez l’air triste. ».

« Je n’ai pas l’air triste, je SUIS triste » me répondit-elle.

« Qu’est ce qui se passe ? » lui demandai-je ?

« Je suis seule et je n’arrive jamais à garder quelqu’un » me dit-elle.

« Pourtant, vous êtes belle et intelligente », lui répliquai-je.

« Alors aimez-moi » me dit-elle.

« Je ne peux pas aimer la terre entière » lui dis-je, « même si ce n’est pas l’envie qui m’en manque ».

« Alors trouvez-moi quelqu’un, puisque je suis belle et intelligente » me lança-t-elle.

« Nous ne sommes pas loin de Noël, mais je ne m’appelle pas le père Noël » lui dis-je.

Il y avait par hasard (?) un type assis juste aussi à côté de nous qui écoutait la conversation et souriait.

J’en profitais aussitôt pour l’aborder et lui demander de confirmer qu’elle était belle et intelligente. Ce qu’il fit volontiers avec un sourire plus large encore.

Elle éclata de rire.

Je dis tout de go à cette fille : « Ca y est, j’ai trouvé votre homme ».

Je demandai au type de s’asseoir à côté d’elle ; il s’exécuta. Mon métro arrivait ; je leur dis « Coucou les tourtereaux ! », amusé.

Le père Noël avait distribué son premier cadeau … avec un peu d’avance.

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12 août 2013

La Rancœur (ou "De l’incompréhension entre la beauté et la laideur")

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L’action se déroule dans une ville du sud de l’Europe, au bord d’une plage et sous les pins. Il fait chaud. Les personnages sont très légèrement vêtus.

Acte unique, scène 1

(la Belle déambule devant un Garçon qui la regarde, la Moche assiste à la scène)

Le Garçon : La Belle, je te regarde et je voudrais que le temps s’arrête pour te contempler à l’infini. Ta silhouette est très excitante.

La Belle : Tu peux rêver. Mais je ne vais pas mettre un col roulé et mourir de chaud, à cause d’un obsédé comme toi.

La Moche (à la Belle) : De quoi te plains-tu ? Je te donne ma place si tu veux. Si tu en as marre d’être belle, tu n’as qu’à t’enlaidir. Et on te laissera tranquille.

Acte unique, scène 2

Le Garçon (à la Moche) : Belle ou moche, vous me convenez toutes.  Et toi aussi, tu m’attires.

La Moche : Finalement, je préfère être comme je suis. Au moins on me fiche la paix.

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19 juillet 2013

Sous-sols

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Quand il fait chaud comme en ce moment, ce que je déteste le plus ce sont les sous-sols du métro. Certes, c’est la période où l’on y côtoie de ravissantes personnes vêtues du strict minimum (minimum qui fond comme une peau de chagrin au fil des années).

 Pour lutter contre cette dureté, il y a celles qui boivent  (mais ne pas se fier aux apparences) :

Il y aussi celles qui collent

Et puis il y a celles qui vous prennent au mot.

Heureusement qu’elles sont là.

Allez, j’y retourne !

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02 juillet 2013

Correspondance

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J’avais connu son blog tout simplement en consultant les nouveautés de Canalblog. J’avais tout de suite accroché. Et comme à l’accoutumé, lorsqu’un texte me plait, j’y laisse un commentaire, à chaud. Hier soir, coïncidence je regarde une émission sur le cinéaste Luis Buñuel. Sur les lieux de tournage, il laissait 3 secondes aux acteurs pour donner leur avis. Après, c’était trop tard. Il agissait en ce sens pour que ce soit la sensibilité qui parle et non la raison.

Parfois, je regrette ce que j’ai commenté mais jamais pour son contenu, car je préfère commenter ainsi, selon mon humeur. Je regrette parfois la forme, une tournure de style, un mot employé.

Elle avait été voir mon blog ; elle avait aussi accroché puisqu’elle avait lu mon blog par petits morceaux, par petites bouchées.

Elle me répond : « Bonjour, j’ai également été lire ton blog. J’adore, et je m’y retrouve. »

Plusieurs mails s’ensuivent car les commentaires sont trop étroits pour les sujets que nous avons à échanger.

La fréquence augmente également ; nous en sommes très vite à plusieurs mails par jour.

Les sujets abordés débordent le simple blog. Nous nous trouvons des points communs.

Des intuitions se dégagent.

Le hasard fera même qu’un jour, nous publierons un billet sur le même thème.

Nous nous suivons par écrit dans le quotidien : temps, lieu.

Je ne dispose visuellement que d’une photo d’elle. Il s’agit d’un autoportrait pris de loin dans un endroit qui est une chambre. Cette photo me fait penser au verso de la pochette d’un album de Leonard Cohen qui s’appelle « Songs from a room ». On y voit une fille, vêtue d’un drap enroulant son buste ; elle est, je crois, en train de taper sur une machine à écrire. La composition est différente mais l’atmosphère qui s’en dégage est la même à mes yeux.

De cette image, nait une sensation intime, poétique, calme et faite de textes forts, poétiques doux et chaleureux.

Peu à peu les échanges semblent plus faciles. Chacun s’ouvre avec envie et plaisir.

J’ai la sensation d’avoir du temps, de ne pas compter, de ne pas être dans l’urgence. L’envie de vouloir goûter à tous ces moments tranquillement, avec d’infinis détails et de passer à autre chose uniquement lorsque l’envie ou l’occasion s’en feront sentir.

Le plaisir est double dans l’instant et aussi dans celui de savoir qu’on dispose de temps et qu’il n’y a pas d’enjeu.

Ce n’est pas de la séduction mais une complicité, une harmonie franche, gaie et saine.

Je goûte au temps qui devient beau. Dès lors, tout est plus facile. L’air chaud qui m'environne, me décontracte. La clarté emplit mes yeux et positive.

Ce n’est jamais évident de bien connaître quelqu’un à travers son écriture. On brosse le personnage à son image. Et on se l’imagine certainement un peu comme on voudrait qu’il soit. La vraie personne doit être un mixte des deux.

Cependant, avec elle, je pense que c’est une belle façon de l’appréhender, d’éviter les faux semblants en se donnant inconsciemment le beau rôle et ainsi de ne pas se mettre des barrières ou des pudeurs ; ce qui est la tendance naturelle lorsqu’on parle avec quelqu’un. Ici, l’écriture donne un parler vrai qui me ravit.

Notre relation a désormais également empli nos rêves ; des impressions, des sensations, des allégories. C’est difficile de tout interpréter.

J’aime cette musique qui laisse la place à l’imaginaire. Je voudrais que cela demeure ainsi, même si un jour j’ai l’occasion de lui parler ou de la rencontrer.

J’aimé écrire, elle aussi. C’est une des formes d’expression communes.

A cet instant, j’ai une impression d’infini et de liberté.

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28 juin 2013

Choc

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Il y a des gens qui ont des passions : le sport, la musique, etc. Ca n’a jamais été mon cas. Je ne me suis jamais empêché cela, mais je crois que :

- d’une, je me lasserai vite de faire la même chose,

- et de deux, je n’aime pas dépendre de qui ou quoique ce soit.

Mon indépendance et ma créativité en souffrirait.

Ainsi, je n'ai jamais fumé, jamais été non plus un buveur d’alcool. Par contre, je reconnais avoir une faiblesse pour le chocolat. Je sais que je pourrais me faire corrompre avec du chocolat (lait ou noir). C’est mon point faible, mon talon d’Achille.

Et lorsque je ne sais pas quoi offrir, je sais que, si je viens avec du chocolat, je ne ferai pas chou blanc.

Pourquoi touche-t-on à chaque fois dans le mille avec le chocolat ? Ce n’est pas le sucre qu’on mélange avec le cacao, ce n’est pas la graisse de cacao qui fond dans la bouche. C’est cette nuance indéfinissable qui reste sur la langue, qui irrigue le palais et qui instille une douce couche sur la paroi de l’estomac.

Je peux classer facilement les amoureuses de chocolat. Il y a les partisanes du « noir ». Elle sont généralement plus intello, plus artistes, plus cérébrales. Celles qui vont se jeter sur celui au « lait », sont plus légères, plus futiles, plus extraverties.

Si cela ne correspond pas exactement à la réalité, j’ai retrouvé ces tendances parmi toutes celles que j’ai pu côtoyer.

Mais c’est encore plus subtil que ça, sinon on serait dans la caricature. J’ai comme la sensation que les aficionados du « noir » fument davantage que celles du « lait ».  Que celles du « noir » sont plus dominatrices que celle du « lait ». Que celles du « lait » aiment beaucoup manger des bonbons.

Mon cœur balance entre les deux chocolats. J’ai été beaucoup « lait », j’ai tendance à présent à être surtout « noir ». Si ma théorie est exacte, il faudra que je vérifie si les femmes que je côtoie actuellement correspondant aux caractéristiques que j’ai évoquées plus haut entre les « noir » et les « lait »...

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23 juin 2013

A guichet fermé

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Je ne prends pas souvent la route avec ma voiture. Par contre, quand c’est le cas, je n’aime pas passer beaucoup de temps dans ma voiture. Lorsque je le peux, je privilégie l’autoroute.

Puisque j’emploie le mot « perturbé », il y a malgré tout quelque chose qui me chagrine et me désole tout au long du parcours. C’est le côté automatique des péages. Déjà que j’avais horreur de mettre ma carte dans une fente pour voir la barrière se lever, j’exècre encore plus le fait de passer le péage sans avoir même à ralentir puisque mon badge télépéage me permettra de le faire.

Lorsqu’on roule des dizaines de kilomètres, j’apprécie de savoir que je peux m’arrêter à un péage manuel, où je pourrais payer avec des billets, présenter ma carte de crédit, discuter quelques secondes avec la personne du guichet.

Si je n’ai pas l’habitude de faire des chroniques autoroutières ou encore moins de la sociologie de la population française, vous allez vous demander où je veux en venir. Ne craignez rien, je ne sortirai pas encore aujourd’hui de mon sujet de prédilection, de ma matière d’observation.

Hé bien oui. Qu’est ce qui peut me motiver à faire encore 20-30-50 kilomètres avant de m’arrêter si ce n’est la surprise que va me réserver la personne qui sera au péage. Etant entendu qu’il s’agit le plus souvent de la gente féminine, c’est la principale motivation qui me fait emprunter la file des péages manuels. Sera-t-elle brune ou blonde ? Maigre, sportive ? Avenante, taciturne ?

Lorsque je vais en Normandie, je suis chanceux. J’ai droit à 4 péages successifs. Le plus souvent, je ne suis pas déçu. Si j’ai droit au réglementaire « bonjour, merci, au revoir » ; je m’arrange pour pimenter la conversation en payant avec de la monnaie. Outre le contact de la main à la main, je peux appuyer le regard, échanger quelques paroles. Je me prends à imaginer la vie de cette guichetière lorsque j’ai passé la barrière : qui est-elle ? Que vit-elle ?

Voilà un bel exemple de déshumanisation. Et je me prends à m’imaginer prendre la tête du mouvement contre l’automatisation des péages.

Messieurs qui me lisez, faites la grève des péages automatiques, placez-vous avec moi dans la file des péages manuels. Et je suis certain que nous obtiendrons rapidement gain de cause

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19 juin 2013

Fidèle.

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Il (ou elle) me lit presque chaque jour depuis un an. Je ne sais rien d'autre, à part qu'il est de la région de Toulon.

Au début, j'étais intrigué. Je me demandais qui pouvait venir régulièrement me lire. Et puis je me suis habitué. Je dois même ajouter que je me demandais parfois, lorsque je ne voyais plus trace de son passage, ce qu'il avait pu lui arriver.

Mais ce lecteur est revenu imperturbablement.

Depuis de longs mois, j'écris moins sur mon blog. La fréquence des billets s'est espacée. Et pourtant, sa visite quasi-quotidienne n'a pas cessé.

Je te salue lecteur fidèle.

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13 juin 2013

Nuit grave

C’est une histoire qui date de quelques années. J’y ai repensé cet après-midi en évoquant le fait qu’après avoir été 2 ans sans télévision, j’avais été définitivement converti à la radio.

Et mes endormissements se font le plus souvent en écoutant la radio.

Cette histoire a paradoxalement pris naissance avec de la vidéo. J’étais, entre autres, chargé de faire des courts films pour mon entreprise : 5 minutes environ. Films dans lesquels je faisais passer quelques messages à destination du réseau commercial. Je prenais, je le reconnais un certain plaisir à être mis en image même si mon apparition nedurait que quelques dizaines de secondes. Une envie de se mettre en scène, d’être connu par cette « performance ».

J’aimais bien préparer minutieusement le tournage (scenario, script, validation du montage etc.). Aussi, je travaillais avec une journaliste qui m’aidait dans l’aspect rédactionnel. J’accompagnais toute l’équipe (enfin 2 personnes en plus d’elle : cadreur et preneur de son). Notre collaboration s’étala sur près de 2 ans.

Elle était pigiste et avait donc plusieurs activités que je ne connaissais pas a priori et dont elle ne m’avait pas parlé.

Je me suis totalement  éloigné de ce qui m’amène à vous raconter cette histoire, à savoir la radio ; mais il fallait bien planter le décor.

Elle était brune aux cheveux châtain foncé ourlés, et avait des yeux bleus foncés. Une silhouette ample, pulpeuse et  séductrice. Mais rien d’inapproprié ne se passa. J’essayais toujours, dans le cadre professionnel, de rester à l’écart de la tentation.

Je reviens donc à mon goût pour la radio, y compris au milieu de la nuit lorsque je me réveille. Je passe les différentes stations en revue, spécialement celles où les gens parlent.

Et un soir, un balayage d’ondes m’amène sur France Info et au moment du flash. Quelle n’est pas ma surprise d’entendre sa voix dont je connaissais les intonations par cœur. C’était quand même surprenant de l’entendre passer en revue l’actualité du jour. J’avais en plus l’habitude de l’entendre converser sur des sujets plus « entreprises ».

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Pour l’intriguer, lorsque nous avons rendez-vous pour un film, je la titille sur sa voix. Je lui dis qu’une voix est aussi, voire plus importante, qu’un visage. Et que c’est ce qui doit participer à un certain talent ; talent que je lui trouve. Elle est surprise, ne sachant pas que je fais allusion à ses activités radiophoniques.

J’enchaîne en lui avouant que je l’ai entendue à la radio une nuit et que ce fut un doux accompagnement nocturne que d’entendre sa voix. Outre les actualités, c’était une merveilleuse musique que de prendre connaissance du temps qu'il fera demain par sa voix chaude.

Je savais  déjà qu’elle me cherchait un peu. Notamment et à plusieurs reprises, elle m’avait proposé de faire route commune en voiture avec elle pour le reportage ; ce que j’avais toujours refusé.

Depuis cette nuit-là, je ne dirai pas que je suis devenu accro à France Info mais, lorsque j’allumais ma radio en pleine nuit, c’était systématiquement pour me mettre sur France info. Hélas pour moi, elle n’assurait  la nuit que certaines journées. De l’envie sans succès de l’entendre naquit la frustration.

Un soir, au cours d’un flash, elle fit allusion indirectement à moi en citant mon prénom et parlant de talents particuliers des hommes qui portent ce prénom  avec des détails qui me concernait. Je devinais qu’elle l’avait fait à dessein.

Le lendemain après-midi, je trouve un prétexte pour lui téléphoner. J’avais pourtant attendu 15h puisqu’elle avait terminé vers 5h du matin, je l’avais réveillée. Je lui ai dit qu’elle savait aussi raconter de belles histoires ; et que toute la France nocturne devait se pâmer en écoutant ses bulletins. Je la sentais sourire au téléphone.

Sans que cela soit prémédité, nous nous retrouvâmes en fin de journée juste à côté de chez elle. Je me souviens de l’endroit : c’était un restaurant de poisson près des Halles dans une petite rue piétonne. En sortant du restaurant, je ne sais pas ce qui m’a pris d’accepter son invitation chez elle. Nous y restâmes peu de temps car elle enchainait sur la nuit suivante et devait être à la rédaction vers 22h.

 Le jeu des flashes à message se poursuivit pendant de longs mois. C’était parfois en rapport avec nous, parfois aussi en rapport avec notre prochaine vidéo. Je lui répondais par messages interposés que je laissais sur son téléphone fixe et qu’elle découvrait au petit matin en rentrant chez elle.

Nous nous perdîmes de vue lorsque notre collaboration cessa.

Je guettais en vain sa voix sur les ondes. Je ne savais plus comment la joindre.

Un jour pourtant (et la boucle est bouclé avec l’aspect vidéo), j’entendis à nouveau sa voix à la télévision. C’était au journal de France 2, un samedi midi, je me souviens très bien. Il s’agissait d’un reportage sur le pape. Son nom apparut à la fin du reportage ; c’était bien elle.

Je devins un furieux téléspectateur du journal de France 2. Jamais je ne l’entendis à nouveau. Je revins donc à ma chère radio.

Alors, de temps en temps, lorsque j’écoute les infos la nuit, je pense à toutes ces journalistes nocturnes que je sais pigistes, jeunes et pleins de fantaisie qui ne demandent qu’à s’exprimer par ailleurs.

Mais je pense aussi à elle qui était souriante, vive, spontanée, saine et assumant ses désirs.

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05 avril 2013

Fais-moi mal !

Cela fera pile deux mois que je vais la voir pratiquement chaque semaine.

- " Fais-moi mal " lui dis-je.

Pendant ce temps-là, à travers ma mâchoire engourdie, la douceur de ses seins pressés contre ma joue me procure un bien-être intense.

Il s'agit d'une relation tarifée …

.. remboursée par la sécu.

Je voulais parler de ma dentiste.

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20 mars 2013

Ca colle.

Elle est assise à la même terrasse que moi. Elle a un sac immense duquel elle sort un livre et une trousse.

De cette trousse, j’aperçois  des stylos de différentes couleurs, un stabilo rose, une gomme et un bâton de colle.

Elle ouvre son livre, commence à lire. Puis elle retourne son livre sur la table. Elle ouvre à nouveau sa trousse ; elle en ressort le bâtonnet de colle. Elle le dévisse et le porte à sa bouche.

Nous somme le matin, il est à peine 9 heures. Elle est sans doute à peine réveillée mais ce n’est pas une raison pour se coller la bouche. Elle s’y met avec application. Puis revisse le bâtonnet et le range dans son sac.

Je suis interloqué ; elle passe sa langue sur ses lèvres avec délectation.

Après tout, quel endroit plus pratique pour ranger son bâtonnet à lèvres sans avoir à le chercher des heures !

C’est ce que j’en conclus a priori.

Mais a posteriori, une idée me vient en tête. Après tout, lorsque j’étais petit, j’aimais bien manger de la colle blanche. Elle est peut-être encore accro !

Avec ma sympathie éternelle.

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09 décembre 2012

Cercles

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La piste était ronde et mesurait exactement 5 mètres de diamètre. Ce n’était pas mon œil qui avait évalué. La meneuse de revue l’avait annoncé au début du spectacle.

- C’est la règle, a-t-elle dit. Qu’il soit petit ou grand, la piste d’un cirque a toujours la même taille.

L’éclairage était tamisé pour ne pas dire clair-obscur ; la lumière passait du verdâtre au rouge écrevisse. Il faisait à peine chaud. Heureusement que j’avais conservé mon manteau sur moi. Il y avait aussi cette musique indienne lancinante qui m’a achevé d’être emportée par elle.

Elle était apparue au début du spectacle. Ses longs cheveux noirs ressortaient sur sa peau dorée. Son buste était recouvert d’un maillot à paillettes dorées. Et son regard qui faisait le tour de l’arène transperçait l’auditoire. Elle entama une danse du ventre. Puis avec un de ses pieds, elle prit un cerceau qu’elle amena autour de la taille. Un deuxième encercla ses jambes. Puis deux autres encore qui lui donnèrent un côté féérique et magique.

Pour faire tourner les cerceaux, ses hanches allaient et venaient, ses jambes se pliaient et se tordaient et bientôt, ses bras levés au ciel finirent par me capturer.

Cet après-midi, à un rythme régulier, son regard me fixait l’espace d’un instant.

Elle m’avait repéré ; je ne savais pas ce qu’elle pouvait penser en me regardant la fixer sans un mouvement. J’étais assis au premier rang, tétanisé.

J’attendais je ne sais quoi. Qu’elle me fasse un signe, que je lui envoie un message. Je n’arrivais pas à faire le moindre geste.

Depuis 3 semaines, je venais à toutes les séances de la semaine. C’est devenu une drogue et je ne sais pas comment tout cela va finir.

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09 octobre 2012

Toutes

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©Harrygondas

J'ai connu beaucoup de filles. Et pourtant, je peux affirmer que je les ai toutes vraiment aimées.

Si on partait ensemble ...

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06 septembre 2012

Une fleur

- Si j'étais une fleur, ce serait une rose

- Parce que c'est la plus belle des fleurs ?

- Mais non! C'est parce qu'en un jour, elle a tout vécu !

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29 août 2012

Femelle blanche.

Un jour que j'étais en manque.
- Bonjour, je recherche une femelle blanche mais je n'en ai pas trouvé ici.
- Attendez, je vais regarder derrière.
Elle monte l'escalier, se penche en avant et jette un œil.
- J'aperçois une femelle mais elle est noire.
- C'est dommage car je préférerais une blanche.
- Oui, mais là il n'y a plus qu'une femelle noire.
- J'hésite car il me faut une femelle avant ce soir. Allez, va pour la noire, je m'en contenterai.
 
Au sourire contenu qui émanait de ma bouche, elle répliqua par un éclat de rire franc et sans complexe.
Il y avait de quoi !
Moi, le blanc aux yeux bleus, j'avais en face de moi, une noire aux cheveux courts dans une jupe qui ne l'était pas moins; joli string rouge à dentelles au passage.
 
Combien de temps allions-nous deviser ainsi sans nous démonter ?
On avait compris l'absurdité et le comique de la situation : moi, client d'un magasin de bricolage et elle, vendeuse au rayon électricité.

Vous ne l'avez pas encore deviné ?

J'étais venu acheter une prise électrique femelle

 

Tssssssssssssstt ...................                                                        prim1

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16 août 2012

Memento

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C'était au mois d'août. Le temps était orageux, le thermomètre marquait 27 degrés. Je venais de poster une lettre. Je descendais dans le métro. J'arrivais sur le quai.

- "Prochain train dans 6 minutes"

En août et en journée, il faut savoir attendre.

Je m'assois donc sur un siège plastique à peine propre. Deux sièges plus loin, une fille aux cheveux mi-longs est en train de se rafraîchir. Elle a la traditionnelle bouteille d'Evian : 50 cl pour la journée. Ce n'est pas trop lourd et ça permet de tenir la demi-journée.

Je jette un regard à la dérobée car je suis étonné qu'elle porte un bonnet épais en laine de couleur blanche avec des rayures grises. En regardant (discrètement), je m'aperçois qu'elle porte aussi un pull en laine avec les mêmes motifs que son bonnet, épais également. Je réalise qu'elle a mis sur son pull un anorak léger bleu clair.

Apparemment, je me suis fait remarquer; elle s'est rendu compte de mon manège.

Elle m'interpelle et me lance :

- C'est moi que tu regardes ou c'est ma bouteille que tu veux ?

- C'est un tout, lui répondis-je. Je ne comprends pas que vous vous soyez habillée si chaudement alors qu'il doit faire au moins 30 degrés sur ce quai. A ce train-là, vous allez vider votre bouteille en 5 minutes.

- Vous vous trompez, me dit-elle. Cela me fera bien la journée. Et encore, il m'en restera peut-être pour cette nuit ou demain matin !

Elle m'énonçait cela de façon posée, avec un discours très construit. Puisque que nous conversions, j'avais pu regarder son visage. Elle avait de jolis yeux et sa bouche dégageait une très grande sensibilité; surtout lorsqu'elle bougeait ses lèvres en parlant.

- Vous êtes un peu comme le chameau du désert, lui rétorquai-je.

- Vous ne savez rien de moi et vous vous trompez totalement. Tenez, prenez ma bouteille et buvez-en !

Je pris la bouteille d'Evian qu'elle me tendait.

- Je suis désolé mais je n'ai pas soif, lui répondis-je poliment

- Ne buvez pas, me dit-elle. Ouvrez-la simplement. Allez-y !

Surpris et curieux à la fois, j'ôtais le bouchon.

- Voilà, j'ai ouvert le bouchon. Vous voulez boire à présent ?, lui dis-je.

- Mais non, je ne veux pas boire. J'ai assez bu. J'ai trop mal au ventre. Sentez la bouteille !

De plus en plus intrigué, je mis mon nez sur la bouteille. Je perçus une odeur forte et piquante que je ne pouvais pas définir, sauf que je réalisais que ce n'était pas de l'eau.

- Hé oui, poursuit-elle. C'est de la vodka. Il est parti lundi, en emmenant toutes ses affaires. Lorsque je suis rentrée de week-end; il ne restait plus rien. Et cette bouteille est la seule chose qu'il m'a laissée de lui. Je bois pour ne pas l'oublier !

 

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15 août 2012

Ailleurs

Quelle étrange sensation que de voyager pendant 24 heures d’affilée, de se retrouver aux antipodes, perdu au milieu du Pacifique.

De demeurer dans le même avion qui fait escale à Los Angeles, que tu reprends 2 heures après. La même voisine assise à tes côtés qui se rend au même endroit et que tu auras côtoyé 24 heures, siège contre siège.

Cet atterrissage au milieu de l’océan. Cette chaleur humide, ce ciel, cette couleur de l’eau.

 

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Ce taxi que tu prends un court instant pour attraper le bateau qui va t’emmener à ta destination finale.

Ces retrouvailles et cette ambiance qui te plonge dans un rêve pour un temps très long.

Ces mois passés là-bas où tu verras les choses autrement et qui feront que, plus jamais, cela ne sera comme avant.

Les gens, le ciel, l’horizon me manquent. La vie rêvée … ?

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20 juillet 2012

Visible.

 

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Elle se baignait dans la piscine du Caire, sans rien vraiment voir quoi que ce soit autour d’elle. Sans ses lunettes, elle ne reconnaissait pas  les gens. Je l’avais côtoyée et pas franchement remarquée avec ses montures écaille aux verres épais. Mais là, nageant autour d'elle,  je fus ébloui par ses yeux et je réalisais soudain combien elle était belle et quelle sensibilité elle dégageait . Lorsqu’elle se mit debout, je m’aperçus qu’elle avait également un très joli corps. Une brune aux yeux marron avec une silhouette longiligne.

Elle me sourit ; je lui rendis son sourire.

Nous étions plusieurs garçons et filles cette année-là et nous avions fait connaissance. Elle était avec sa copine.

Je me souviens des promenades à vélo et des énormes glaces à dévorer à deux puisque « Tête à tête » était le nom de la coupe.

Nous nous revîmes chez elle en octobre un soir de fin de semaine. Sale temps avec de la pluie, mais chaude ambiance.

Nous quittâmes cette hôte douce et souriante. En bas de son immeuble, je m’aperçus (because la pluie tombant à grosses gouttes) que j’avais laissé mon parapluie chez elle. Je décidais de remonter de suite.

Arrivé en haut, je sonne à sa porte, elle entrouvre. Je lui explique la raison de ma venue … Elle s’était déjà mise à l’aise et, si elle portait encore son tee-shirt, elle avait quitté sa jupe et n’avait conservé que son collant de laine noir.

Je n’attendis pas sur le pas de la porte et entrai. Je décidai de rester un peu. Ce « un peu » se prolongea ; nous bûmes un thé qui nous réchauffa. Puis le cœur parla et ce premier regard flashant dans cette piscine ressortit et nous sûmes que c’était le moment. Je la serrai dans mes bras et nous dormîmes ainsi. Je me rappelle de la fenêtre aux vitres embuées le lendemain matin.

Ce fut un beau moment. Les premiers instants, ceux où c’est facile, ceux où c’est évident laissent une fraîcheur qui fait penser aux joies simples de l’enfance.

Garçons de l'été  

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04 juillet 2012

Tête (de) turque

J’étais arrivé à Istanbul depuis une semaine ; il faisait chaud. Terriblement chaud que la vie s’animait vers 18h, lorsque le ciel commence à rougir et quand l’humidité fait disparaître la poussière.

Je suis dans un bus et je reviens d’une ville environnante dont j’ai oublié le nom ; je me souviens de ce bord de mer orné de pierre blanche et d’arbres fleuris. Et au-delà de la route, des enfants qui jouent sur les balançoires.

Nous avions traîné dans la ville ; nous nous étions attardés aux terrasses en buvant le thé et en regardant les passants.

Nous avons dû nous dépêcher pour ne pas manquer le dernier bus qui nous ramenait à Istanbul. Nous n’étions pas les seuls. Une femme lourdement chargée tenait ses enfants par la main, suivie de son mari, les bras ballant et fumant. D’autres avaient de gros sacs dans chaque bras.

Faute de mieux, je me suis retrouvé à l’arrière du bus sur un quasi-strapontin de skaï collant et glissant. Le bus se mit en route sur un parcours cahotant qui avait pour inconvénient de nous empêcher de sommeiller. Deux filles françaises étaient assises à côté de nous : une maigre aux longs cheveux bruns et l’autre, sportive  aux cheveux blonds frisés.

Tandis que je regardais le paysage (enfin j’essayais, car j’étais au milieu du bus), je sentis une tête basculer sur mon épaule. Mon regard obliqua et je vis que la blonde avait dû s’endormir. Mais il n’en était rien, c’était volontaire. Elle mit bientôt sa main sur mes cuisses. Je la laissai faire ; je ne me fis pas violence ; c’était agréable. Elle était sympa et mignonne, même si je n’étais pas plus attirée que ça.

Arrivé à Istanbul, je leur proposais de dîner ensemble tous les quatre. Je n’eus pas besoin d’insister. Un restaurant choisi très vite. Enfin, pas le premier venu mais le deuxième venu : en effet, en entrant dans le premier, le serveur, au lieu de débarrasser les assiettes, donnait un grand coup de torchon sur les assiettes sales et remettait ces mêmes assiettes.

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Je la revis le lendemain à l’heure de la sieste. Je me souviens de cette grande salle de bain commune dans son hôtel (au moins 30 m2). Nous y avions trouvé refuge tous les deux et l’eau fraîche qui coulait sur nos corps avait cette saveur suave du désir.

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Fin »